Frise chronologique
1117
Fondation du prieuré de Masgoutière
Fondation du prieuré de Masgoutière
1117 (≈ 1117)
Dépendant de l’abbaye d’Uzerche.
1275
Érection de Lavinadière en paroisse
Érection de Lavinadière en paroisse
1275 (≈ 1275)
Détachée de Soudaine par les chanoines.
XIIIe siècle
Construction de l’église prieurale
Construction de l’église prieurale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Par l’ordre du Saint-Sépulcre.
1489
Union des ordres
Union des ordres
1489 (≈ 1489)
Saint-Sépulcre réuni aux Hospitaliers.
1782
Fusion des paroisses
Fusion des paroisses
1782 (≈ 1782)
Soudaine et Lavinadière réunies.
2003
Classement monument historique
Classement monument historique
2003 (≈ 2003)
Protection de l’église et vestiges prioraux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Henri Pradel de Lamase - Dernier prieur de Masgoutière |
Curé sous la Révolution, mort en 1798. |
| Georges Guingouin - Résistant communiste |
Fonda son maquis en 1941. |
Origine et histoire
La commanderie de Soudaine-Lavinadière trouve ses origines au XIIIe siècle, lorsque l’ordre canonial régulier du Saint-Sépulcre s’y installa et érigea une commanderie, détachant ainsi Lavinadière de la paroisse de Soudaine. Vers 1275, Lavinadière fut érigée en paroisse indépendante. En 1489, l’ordre du Saint-Sépulcre fut réuni à celui de Saint-Jean de Jérusalem (les Hospitaliers), et le curé de Lavinadière fut dès lors nommé par le commandeur hospitalier. L’église, dédiée à Notre-Dame-de-l’Assomption, fut bien entretenue par l’Ordre, mais des négligences dans la nomination des curés conduisirent à des tensions locales.
L’église de Lavinadière, construite au XIIIe siècle avec un portail limousin caractéristique, fut restaurée à plusieurs reprises : en 1654, puis au XVIIIe siècle (notamment pour son clocher). Des peintures murales du XVIIe siècle furent découvertes sur le mur du chevet plat. En 1782, les paroisses de Soudaine et Lavinadière fusionnèrent, et l’église de Soudaine, isolée et en ruine, fut abandonnée au profit de celle de Lavinadière, plus centrale. Le prieuré de Masgoutière, fondé en 1117 sur le territoire de Soudaine, dépendait initialement de l’abbaye d’Uzerche avant d’être cédé aux Jésuites de Limoges en 1705, puis rendu à Uzerche en 1773.
Au XVIIIe siècle, le dernier prieur, Henri Pradel de Lamase, fut incarcéré pendant la Révolution avant de mourir à Soudaine-Lavinadière en 1798. L’église, classée monument historique en 2003, conserve des vestiges des bâtiments prioraux et un clocher carré ajouté vers 1800. La commune fut aussi un haut lieu de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale : en avril 1941, Georges Guingouin y établit son premier maquis, marquant son histoire récente.
La commanderie illustre ainsi plusieurs strates historiques : l’implantation des ordres religieux médiévaux, les tensions entre pouvoirs ecclésiastiques locaux (évêque de Limoges, abbaye d’Uzerche), et l’héritage de la Résistance. Son architecture, mêlant éléments romans et modifications ultérieures, reflète ces évolutions. Les fouilles archéologiques et les restaurations récentes ont permis de mettre en valeur ce patrimoine lié à la fois à l’histoire religieuse du Limousin et à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.