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Palais de Justice à Grenoble dans l'Isère

Isère

Palais de Justice

    4 Place Saint-André
    38000 Grenoble
Palais de Justice
Palais de Justice
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Palais de Justice
Crédit photo : English : This photo has been taken by Matthieu Ri - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1453
Création du Parlement du Dauphiné
vers 1500
Début de la construction
1539 et 1562
Agrandissements Renaissance
7 juin 1788
Journée des Tuiles
1889
Classement Monument Historique
2002
Fermeture judiciaire
2024
Rénovation prévue
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ancien palais des Dauphins (partie ancienne du Palais de Justice) : classement par liste de 1889 - Le Palais de Justice (cad. BE 110 à 112) : inscription par arrêté du 6 avril 1992

Personnages clés

Louis XI - Roi de France Fonda le Parlement du Dauphiné en 1453.
Louis XII - Roi de France Lança la construction vers 1500.
Paul Jude - Sculpteur Réalisa les boiseries en 1521.
Pierre Bucher - Architecte et magistrat Contribua aux agrandissements du XVIe siècle.
François de Bonne - Lieutenant-général du Dauphiné Cible présumée de sorcellerie par Nobilibus.
Félix Faure - Président de la République Inaugura l’extension en 1897.

Origine et histoire

Le palais du Parlement du Dauphiné, situé place Saint-André à Grenoble, est un édifice emblématique dont la partie la plus ancienne date de la fin du XVe siècle. Initialement conçu pour abriter le Parlement du Dauphiné, créé en 1453 par Louis XI à partir du Conseil delphinal, il symbolisait le prestige de Grenoble comme capitale provinciale. Sa construction débuta vers 1500 sous Louis XII, avec une façade en pierre crème typique du gothique flamboyant, incluant une chapelle et des boiseries sculptées par Paul Jude dès 1521. Le palais jouxtait une prison où les détenus pouvaient solliciter l’aumône des passants.

Au XVIe siècle, le palais fut agrandi à deux reprises : en 1539 sous François Ier, puis en 1562 sous Charles IX, avec une extension en calcaire gris bleuté du Fontanil, dirigée par l’architecte Pierre Bucher. Les décors intérieurs, enrichis de boiseries et de plafonds sous Louis XIV, reflétaient son importance judiciaire et politique. Le salon bleu, célèbre pour ses tapisseries, fut le théâtre de la Journée des Tuiles (7 juin 1788), événement précurseur de la Révolution dauphinoise, où la foule contraignit les magistrats à rouvrir le Parlement malgré sa fermeture royale.

Au XIXe siècle, une extension majeure tripla sa surface : les architectes Daumas et Riondel ajoutèrent en 1897 un bâtiment néorenaissance en calcaire ocre, inauguré par le président Félix Faure. Le palais resta un tribunal jusqu’en 2002, avant d’être classé Monument Historique dès 1889. Aujourd’hui propriété du département de l’Isère, il fait l’objet d’une rénovation (2024, 21M€) pour accueillir le Musée de la Résistance et de la Déportation, tout en préservant ses salles d’audience et leurs décors historiques.

Parmi les affaires marquantes, le procès de Francesco Nobilibus (1604–1606) illustre son rôle judiciaire : ce moine franciscain, accusé de sorcellerie pour avoir prétendument envoûté le lieutenant-général François de Bonne, fut pendu et brûlé après 230 interrogatoires. Le palais, parfois confondu avec le palais delphinal voisin, incarne ainsi cinq siècles d’histoire judiciaire et politique, des Dauphins de France à la Révolution.

Architecturalement, sa façade bicolore mêle pierres crème et grises, ornées de blasons et sculptures animales. Les intérieurs abritent des joyaux comme les armoires sculptées du XVIe siècle ou les plafonds de Louis XIV. Après son transfert judiciaire vers le quartier Europole (2002), le site se visite lors des Journées du Patrimoine et accueille des expositions, tout en préparant sa reconversion patrimoniale et touristique.

Son importance historique tient aussi à son opposition récurrente à la monarchie : le Parlement de Grenoble, composé de magistrats locaux, défendit les libertés dauphinoises contre la fiscalité royale, contribuant aux tensions pré-révolutionnaires. Avec 600 000 justiciables sous son ressort en 1790, il fut dissous à la Révolution, devenant un simple palais de justice jusqu’à sa métamorphose actuelle.

Liens externes