Frise chronologique
1538
Congrès de Nice
Congrès de Nice
1538 (≈ 1538)
Signature de la Paix entre François Ier et Charles Quint.
1543
Destruction de la croix de bois
Destruction de la croix de bois
1543 (≈ 1543)
Siege ottoman de Nice.
4 mars 1568
Érection de la Croix de Marbre
Érection de la Croix de Marbre
4 mars 1568 (≈ 1568)
Consécration par les consuls niçois.
1668
Chute due à une tempête
Chute due à une tempête
1668 (≈ 1668)
Croix brisée en touchant le sol.
1733
Première restauration
Première restauration
1733 (≈ 1733)
Constat de dégradations par le conseil communal.
1782-1783
Restauration majeure
Restauration majeure
1782-1783 (≈ 1783)
Socle reconstruit, coupole tuilée, soudures au plomb.
1796
Renversement sous le Directoire
Renversement sous le Directoire
1796 (≈ 1796)
Mesures anti-religieuses.
1807
Remise en place
Remise en place
1807 (≈ 1807)
Après la période révolutionnaire.
novembre 1880
Destruction par malveillance
Destruction par malveillance
novembre 1880 (≈ 1880)
Remplacée par la croix actuelle.
13 août 1906
Classement monument historique
Classement monument historique
13 août 1906 (≈ 1906)
Protection officielle du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| François Ier - Roi de France |
Signataire de la Paix de Nice en 1538. |
| Charles Quint - Empereur du Saint-Empire |
Signataire de la Paix de Nice en 1538. |
| Pape Paul III - Médiateur du Congrès |
Officia à l’emplacement de la croix en 1538. |
| Melchior Malet - Consul de Nice |
Cité dans l’inscription de 1568. |
| Honoré Grimaldi Richier - Assesseur niçois |
Mentionné dans l’inscription latine. |
| Schaeffer - Sculpteur |
Auteur de la croix actuelle (1880). |
Origine et histoire
La Croix de Marbre, située place de la Croix de Marbre à Nice (Alpes-Maritimes), est érigée en 1568 pour remplacer une croix de bois détruite en 1543 lors du siège ottoman. Elle commémore le Congrès de Nice (1538), où François Ier et Charles Quint, médiés par le pape Paul III, signèrent une trêve mettant fin à la guerre entre la France et le Saint-Empire. Le monument original, en bois, marquait l’emplacement où Paul III officia en 1538, à l’entrée historique de la ville sur la route de France.
Le monument actuel, classé en 1906, est un édicule en marbre de Carrare blanc, surmonté d’une coupole aux tuiles vernissées et soutenu par quatre colonnes d’origine (1568). Son piédestal en pierre porte une inscription latine datant de sa consécration, citant les noms des consuls niçois et de l’assesseur Honoré Grimaldi Richier. La croix a subi de multiples destructions : renversée par une tempête en 1668, restaurée en 1733 et 1782-1783 (avec ajout de tuiles vernissées et soudures au plomb), puis vandalisée sous le Directoire (1796) avant d’être replacée en 1807.
En 1880, un acte de malveillance brise définitivement la croix originale, remplacée par une réplique sculptée par Schaeffer. Le monument est indissociable de la Colonne du pape, située en face sur la même place, et du faubourg de la Croix-de-Marbre, quartier né au XIXe siècle autour du monument. Ce faubourg, alors zone rurale et potagère, devint un lieu prisé par les hivernants anglais, qui y bâtirent une église et un cimetière en 1820. Son développement fut officialisé par le Plan régulateur de Nice en 1854, marquant son intégration à la ville.
La Croix de Marbre symbolise à la fois un événement diplomatique majeur (la Paix de Nice) et les tumultes de l’histoire locale, entre conflits religieux, intempéries et vandalismes. Son inscription latine et ses colonnes d’origine en font un témoignage rare de la Renaissance niçoise, tandis que ses restaurations successives illustrent l’attachement des Niçois à ce patrimoine, malgré les vicissitudes politiques (Révolution française) et naturelles.