Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification première de l'église romane
1566
Lambris de la chapelle
Lambris de la chapelle
1566 (≈ 1566)
Inscription poétique datée et décor
4e quart XVe siècle - 1er quart XVIe siècle
Remaniments majeurs
Remaniments majeurs
4e quart XVe siècle - 1er quart XVIe siècle (≈ 1587)
Transformation style gothique et Renaissance
27 janvier 1928
Première protection MH
Première protection MH
27 janvier 1928 (≈ 1928)
Inscription du lambris de 1566
4 décembre 1972
Fusion communale
Fusion communale
4 décembre 1972 (≈ 1972)
Création de Saint-Sauveur-Marville
17 janvier 2014
Protection totale
Protection totale
17 janvier 2014 (≈ 2014)
Inscription de l'église en totalité
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Lambris avec inscription datée de 1566 décorant la voûte de la chapelle de la Vierge : inscription par arrêté du 27 janvier 1928 - L'église en totalité (cad. C 1) : inscription par arrêté du 17 janvier 2014
Personnages clés
| Marquis d'Épinay Saint-Luc (Nicolas Marc Antoine Mathieu Portien) - Seigneur local et propriétaire du manoir du Jaglu |
Guillotiné en 1794, lié à l'histoire noble |
| Curé anonyme de 1566 - Commanditaire présumé du lambris |
Mentionné dans l'inscription poétique |
| Auteur anonyme du lambris - Artisan ou poète du XVIe siècle |
Signataire de l'inscription de 1566 |
Origine et histoire
L'église Saint-Sauveur de Saint-Sauveur-Marville, située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire, trouve ses origines au XIIe siècle. L'édifice a subi d'importants remaniements au cours du 4e quart du XVe siècle et du 1er quart du XVIe siècle, reflétant ainsi les évolutions architecturales entre Moyen Âge tardif et Renaissance. Son lambris ornant la chapelle de la Vierge, daté de 1566 et décoré d'une inscription poétique, témoigne de cette période charnière.
La commune de Saint-Sauveur-Marville, née en 1972 de la fusion de Saint-Sauveur-Levasville et Marville-les-Bois, abrite cet édifice religieux qui fut inscrit partiellement en 1928 (pour son lambris peint) puis dans sa totalité en 2014. Ce classement tardif souligne la valeur patrimoniale de l'église, notamment ses éléments Renaissance comme l'inscription qui mentionne à la fois la date, l'auteur du décor et le curé de l'époque.
Le contexte historique local est marqué par une occupation rurale ancienne, avec des traces d'organisation paroissiale distincte dès le XVIIIe siècle pour Saint-Sauveur. La région, intégrée au Thymerais, a connu des transformations administratives majeures, de la Révolution (création du département d'Eure-et-Loir en 1790) aux réorganisations territoriales contemporaines, tout en conservant son caractère agricole dominant.
L'église s'inscrit dans un paysage architectural plus large incluant des manoirs comme celui du Jaglu, lié à l'histoire noble locale (notamment au marquis d'Épinay Saint-Luc, guillotiné en 1794). Ces éléments illustrent les liens entre pouvoir religieux, seigneurial et communautaire dans cette zone frontalière entre Beauce et Perche, marquée par des forêts et des étangs aujourd'hui protégés au titre de Natura 2000.
La protection de 2014 couvre l'ensemble de l'édifice (cadastre C1), confirmant son statut de propriété communale. Le lambris de 1566, avec ses vers résumant son histoire, reste l'élément le plus documenté, offrant un rare témoignage écrit in situ de cette période. L'église, toujours en activité cultuelle, incarne ainsi près de neuf siècles d'histoire locale, des origines médiévales aux enjeux contemporains de préservation.