Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Église des Jacobins de Toulouse en Haute-Garonne

Patrimoine classé
Couvent
Architecture gothique méridionale
Haute-Garonne

Église des Jacobins de Toulouse

    Parvis des Jacobins
    31000 Toulouse

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
1215
Fondation de l'ordre dominicain
1230
Début de la construction
1275-1292
Construction du palmier et du chœur
1369
Arrivée des reliques
1791
Expulsion des dominicains
1974
Retour des reliques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Dominique de Guzmán - Fondateur de l'ordre dominicain A créé l'ordre à Toulouse en 1215.
Pons de Capdenier - Capitoul et donateur Finança l'acquisition des terrains en 1229.
Bertrand de Montaigu - Abbé de Moissac Célébra la messe inaugurale en 1292.
Guillaume-Pierre Godin - Cardinal mécène Finança la reconstruction de la nef au XIVe.
Maurice Prin - Conservateur honoraire Dévoua 60 ans à la restauration du monument.
Max Ingrand - Artiste verrier Créa les vitraux contemporains (1951-1964).

Origine et histoire

L'église des Jacobins de Toulouse, fondée par l'ordre dominicain au XIIIe siècle, est un chef-d'œuvre de l'art gothique languedocien. Construite en brique, elle incarne l'idéal de pauvreté des Frères prêcheurs, avec une nef rectangulaire divisée pour séparer religieux et laïcs. Son palmier minéral, réseau de 22 nervures soutenant les voûtes, est une prouesse architecturale unique achevée en 1292.

Le couvent s'est développé en quatre campagnes (1230-1336), financé par des dons comme celui du capitoul Pons de Capdenier. L'église abrite depuis 1369 les reliques de saint Thomas d'Aquin, après avoir été le siège de l'université de Toulouse jusqu'à la Révolution. Son clocher octogonal (45 m), inspiré de Saint-Sernin, et son cloître en marbre de Saint-Béat (1306-1309) complètent cet ensemble monastique.

Sous la Révolution, le couvent devient caserne puis écurie, subissant des destructions (démolition partielle du cloître, suppression de la flèche). Restauré depuis 1920, il doit son sauvetage à Maurice Prin, conservateur honoraire. Aujourd'hui, l'église impressionne par ses 80 m de long, ses vitraux contemporains (Max Ingrand, 1955) et son décor polychrome, tandis que le réfectoire accueille des expositions temporaires.

La chapelle Saint-Antonin (1335-1341), ornée de fresques apocalyptiques, et la salle capitulaire (1299-1301) témoignent de la richesse artistique du lieu. Le mausolée baroque de saint Thomas d'Aquin (XVIIe siècle), détruit à la Révolution, a laissé place à un autel moderne (1974) abritant sa châsse. Classé Monument Historique dès 1840, l'ensemble allie austérité extérieure et somptuosité intérieure.

L'histoire des Jacobins est marquée par des usages variés : lieu de prédication contre le catharisme, université médiévale, refuge d'œuvres d'art pendant la Première Guerre mondiale (sous la garde de Paul Jamot, conservateur du Louvre). Les restaurations successives ont redonné vie à ses décors peints et à son cloître, partiellement reconstitué. Aujourd'hui propriété de la ville, il reste un symbole de l'héritage intellectuel et spirituel toulousain.

Liens externes