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Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies dans le Gard

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Eglise gothique

Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies

    Le Bourg
    30111 Congénies
Propriété de la commune
Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies
Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies
Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies
Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies
Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies
Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies
Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies
Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies
Église Notre-Dame et Saint-André de Congénies
Crédit photo : Clem Rutter, Rochester, Kent. - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1156
Première mention écrite
1367
Intégration au système défensif
fin XVe - début XVIe siècle
Remanagement gothique
1686
Agrandissement post-révocation
1759
Construction du clocher
6 décembre 1949
Classement Monument Historique
1995-2016
Campagnes de restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise Sainte-Marie : inscription par arrêté du 6 décembre 1949

Personnages clés

Cailhau - Architecte Dirigea l’agrandissement de 1686 pour les convertis.
Gabriel Dardaillon - Maître d’œuvre Collabora à l’agrandissement post-révocation.
Jean Poutingon - Fondeur de cloche Réalisa la cloche Nogaret en 1759.
Antoine Bruguerolle - Architecte des Monuments Historiques Dirigea la restauration du clocher en 2016.

Origine et histoire

L’église Notre-Dame-et-Saint-André de Congénies, située dans le Gard en Occitanie, trouve ses origines au moins dès le XIe siècle, bien qu’une pierre sculptée carolingienne (VIIIe-Xe siècle) intégrée au chevet suggère un édifice antérieur. Mentionnée en 1156 sous le nom d’Ecclesia Sanctæ-Mariæ, elle était initialement romane avant d’être intégrée en 1367 à un système défensif urbain. Severement endommagée pendant les guerres de Religion (XVIe siècle), elle fut profondément remaniée à partir de 1686 pour accueillir les protestants convertis de force après la révocation de l’édit de Nantes. L’architecte Cailhau et Gabriel Dardaillon allongèrent alors la nef de deux travées et y intégrèrent le portail Renaissance du temple protestant détruit, tandis qu’un clocher en fer forgé fut ajouté en 1759, abritant la célèbre cloche Nogaret, classée en 2016.

Le monument illustre une stratification architecturale unique : la façade occidentale, tripartite en moellons, arbore un portail Louis XIII surmonté d’un oculus vitré représentant la croix de saint André, patron local. La nef, voûtée d’ogives quadripartites (11 m de hauteur), conserve des traces de peintures murales des XVe-XIXe siècles, aujourd’hui menacées. Le chevet plat, austère, révèle une pierre carolingienne à entrelacs, tandis que la façade méridionale, rythmée par cinq contreforts, rappelle l’église voisine de Calvisson. Classée Monument Historique en 1949, l’église a fait l’objet depuis 1995 de campagnes de restauration controversées, comme la démolition du chœur en 2003 ou la restitution du cadran d’horloge du XVIIIe siècle en 2016.

Les restaurations récentes ont visé à corriger des décennies de négligence, notamment la toiture refaite en 2000, la façade nord dégagée en 2007-2008 (avec création d’un accès PMR), et la protection des vitraux du XIXe siècle par des baies anti-UV. Le clocher, fragilisé par des infiltrations, a bénéficié en 2016 d’une remise en état de son campanile et de son cadran solaire. Cependant, la dernière phase – la conservation des peintures murales (littre funéraire médiévale, décors baroque et néo-gothique) – reste en suspens, faute de consensus sur les méthodes à employer. L’église incarne ainsi les défis de la préservation d’un patrimoine à la fois religieux, défensif et communautaire, marqué par les conflits et les adaptations cultuelles.

L’histoire de l’édifice est aussi celle de sa double dédicace : initialement Sainte-Marie (1156), elle intégra au XVIIe siècle le vocable de Saint-André, en mémoire d’une paroisse disparue mentionnée dès 1156. Ce double patronage reflète les fusions paroissiales médiévales, tandis que la cloche de 1759, ornée d’une Vierge en Majesté et d’un lézard réaliste, perpétue le souvenir de la famille Nogaret, rare trace onomastique locale. Les polémiques autour des restaurations (comme le bétonnage du sol nord en 2008) soulignent les tensions entre préservation archéologique, usages cultuels et contraintes techniques, typiques des monuments vivants.

Liens externes