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Église Saint-Antoine des Hauts-Buttés dans les Ardennes

Église Saint-Antoine des Hauts-Buttés

    17 Route des Hauts Buttes
    08800 Monthermé

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1706
Autorisation de Philippe V d'Espagne
1778
Autorisation de Louis XVI
1822
Restauration de la chapelle
1852
Création de la paroisse
1874-1877
Reconstruction de l’église
15 mai 1877
Consécration de l’église
1883
Institution de la neuvaine
21 mars 1885
Indulgence plénière accordée
2 août 1894
Arrivée de la relique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Philippe V d'Espagne - Roi d'Espagne Autorisa la première chapelle en 1706.
Louis XVI - Roi de France Autorisa la chapelle des Hauts-Buttés en 1778.
Abbé Justin Joseph Wimet - Curé des Hauts-Buttés (1868-1902) Initiateur de la reconstruction et du pèlerinage.
Jean-Baptiste Couty - Architecte Conçut l’église actuelle en style néogothique.
Cardinal Pie - Évêque de Poitiers Offrit une relique de saint Antoine en 1894.
Pape Léon XIII - Souverain pontife Accorda une indulgence plénière en 1885.
Frères Aubry - Sculpteurs Réalisèrent le maître-autel en bois.

Origine et histoire

L'église Saint-Antoine des Hauts-Buttés est l'une des trois églises de Monthermé, située dans le hameau des Hauts-Buttés, à 500 m d'altitude en pleine forêt. Construite au XIXe siècle dans un style néogothique, elle mesure 21 mètres de long et 18,5 mètres pour le transept. Dédiée à saint Antoine de Padoue, elle conserve une relique du saint ainsi qu'une châsse de saint Florent, martyr, et une cloche datant de 1487, originaire de la chapelle des Vieux Moulins. Plus de 2300 ex-votos, majoritairement des remerciements pour des grâces obtenues, ornent ses murs, reflétant la dévotion populaire.

L’histoire de l’église remonte à 1706, lorsque le roi Philippe V d’Espagne autorise la construction d’une chapelle aux Vieux Moulins d’Hargnies. En 1778, sous Louis XVI, les habitants des Hauts-Buttés obtiennent l’autorisation de bâtir une chapelle plus proche de leur hameau. En 1822, la chapelle est restaurée et agrandie, et en 1852, la paroisse des Hauts-Buttés est officiellement créée. L’abbé Justin Joseph Wimet, curé à partir de 1868, lance en 1874 la reconstruction de l’église, financée par des dons, la commune et l’État. L’édifice actuel, conçu par l’architecte Jean-Baptiste Couty, est consacré en 1877.

L’abbé Wimet relance le pèlerinage à saint Antoine de Padoue, fixant la date principale au 13 juin, jour de sa fête. En 1883, il institue une neuvaine et une confrérie, et en 1885, le pape Léon XIII accorde une indulgence plénière aux pèlerins. En 1894, une relique de saint Antoine (une côte) est offerte par le cardinal Pie, évêque de Poitiers, renforçant l’attrait du sanctuaire. Le pèlerinage attire environ 6000 fidèles par an, et l’abbé Wimet crée un établissement combinant hôtellerie pour pèlerins et hospice pour personnes âgées.

Les ex-votos, datés pour 367 d’entre eux, révèlent des pics de dévotion entre 1890 et 1910, période marquée par des tensions entre l’Église et les politiques laïques nationales. Les inscriptions évoquent des guérisons, des succès aux examens, des protections familiales ou des résolutions de conflits, illustrant une foi mêlée de préoccupations quotidiennes. L’église reste un témoignage de la piété populaire et de l’histoire religieuse des Ardennes.

Aujourd’hui, l’église conserve son rôle de lieu de culte et de pèlerinage, tandis que l’ancienne hôtellerie-hospice a évolué en une maison de retraite située à proximité. Le sanctuaire, avec ses reliques et ses milliers d’ex-votos, continue d’attirer des visiteurs, perpétuant une tradition vieille de plusieurs siècles.

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