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Église Saint-Merri de Paris

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Eglise gothique

Église Saint-Merri de Paris

    76 Rue de la Verrerie
    75004 Paris

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
700
Mort de saint Médéric
884
Exhumation des reliques
936
Charte de Louis d'Outremer
1200
Érection en paroisse
1500-1565
Construction de l’édifice actuel
1612
Surélévation du clocher
1743
Chapelle de la Communion
1793-1803
Fermeture révolutionnaire
1862
Classement monument historique
1871
Incendie du clocher
2021
Arrivée de Sant’Egidio
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Saint Médéric (Merri) - Abbé et saint patron Reliques conservées dans la crypte
Eudes Le Fauconnier - Fondateur de l’église romane Officier royal du Xe siècle
Germain Boffrand - Architecte baroque Concepteur de la chapelle de la Communion
François de Héman - Facteur d’orgues Créateur du grand orgue (1647-1650)
Théodore Chassériau - Peintre romantique Auteur de fresques dans le déambulatoire
Michel Aupetit - Archevêque de Paris A confié la paroisse à Sant’Egidio en 2021

Origine et histoire

L’église Saint-Merri, située rue Saint-Martin dans le 4e arrondissement de Paris, tire son nom de saint Médéric (ou Merri), un abbé mort en 700 dont les reliques reposent dans sa crypte. Initialement un oratoire nommé Saint-Pierre-des-Bois, le lieu devint une chapelle dédiée à saint Médéric au IXe siècle, après l’exhumation de ses restes en 884. Au Xe siècle, une église romane fut construite grâce à des dons royaux, puis remplacée au XIIIe siècle par une collégiale dépendant de Notre-Dame, dont Saint-Merri est l’une des quatre « filles » encore debout.

La construction de l’édifice actuel, de style gothique flamboyant malgré sa période Renaissance (1500-1565), fut menée en trois phases : la nef (1500-1515), le transept (1525-1535), et le chœur (1535-1565). Surnommée « Notre-Dame la petite » pour son plan similaire à la cathédrale, elle abrite des vitraux du XVIe siècle, un orgue prestigieux (1647-1650), et une crypte contenant les reliques de saint Merri. Au XVIIIe siècle, des modifications baroques furent apportées, comme la chapelle de la Communion (1743) conçue par Germain Boffrand, innovante pour son éclairage zénithal.

L’église connut des bouleversements pendant la Révolution : fermée en 1793, transformée en fabrique de salpêtre puis en « temple du Commerce », elle fut rendue au culte en 1803. Classée monument historique en 1862, elle subit un incendie en 1871 qui détruisit partiellement son clocher. Au XIXe siècle, des fresques furent ajoutées par des peintres comme Théodore Chassériau, et l’orgue fut modernisé par Cavaillé-Coll. Depuis 2021, la paroisse est gérée par la communauté de Sant’Egidio, engagée dans l’accueil des plus démunis.

Saint-Merri se distingue par son mobilier artistique, incluant des peintures de Simon Vouet, Carle Van Loo, et des sculptures des frères Slodtz. La façade ouest, ornée de statues et d’un bestiaire fantastique, présente une clé de voûte controversée évoquant le Baphomet, ajoutée au XIXe siècle. La crypte, achevée en 1515, abrite toujours la châsse du saint patron, tandis que le clocher conserve la plus ancienne cloche de Paris (1331).

L’église joue un rôle culturel et social marquant : elle inspira des écrivains comme Huysmans et Apollinaire, et accueille aujourd’hui des concerts, expositions, et actions caritatives. Son histoire reflète les transformations religieuses, artistiques et urbaines de Paris, de l’époque médiévale à nos jours.

Liens externes