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Frise chronologique
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1508-1509
Début des travaux
Début des travaux 1508-1509 (≈ 1509)
Inscription sur le porche sud
vers 1510
Réalisation de la maîtresse-vitre
Réalisation de la maîtresse-vitre vers 1510 (≈ 1510)
Œuvre d'un atelier quimpérois
1595
Fortification pendant la Ligue
Fortification pendant la Ligue 1595 (≈ 1595)
Prise par La Fontenelle
1789
Construction de la sacristie
Construction de la sacristie 1789 (≈ 1789)
Date sculptée en corniche
1793
Effacement des symboles royaux
Effacement des symboles royaux 1793 (≈ 1793)
Pendant la Révolution
1818
Destruction du clocher par la foudre
Destruction du clocher par la foudre 1818 (≈ 1818)
Reconstruit en 1824
1862
Classement monument historique
Classement monument historique 1862 (≈ 1862)
Parmi les premiers en France
2013-2015
Restauration de la tour ouest
Restauration de la tour ouest 2013-2015 (≈ 2014)
Charpente et vitraux rénovés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. BK 50) : classement par liste de 1862
Personnages clés
Anne de Bretagne - Duchesse et reine de France
Armes présentes sur la maîtresse-vitre
Jean III du Pont - Baron local
Probable donateur de la vitre
Catherine de Brosse - Épouse de Jean III du Pont
Mécène présumée avec son mari
La Fontenelle - Chef ligueur
Prit l'église fortifiée en 1595
Marguerite Cornille - Fondeuse de cloches
Auteur des cloches en 1949
François Quiniou - Recteur de Penmarc'h (début XXe)
Témoin de la reconstruction du clocher
Origine et histoire
L'église Saint-Nonna de Penmarc'h, située dans le Finistère en Bretagne, est un édifice religieux catholique construit entre la fin du XVe siècle et le XVIe siècle. Elle remplace une église primitive et incarne l'apogée du port local, comme en témoignent ses dimensions imposantes (50 m de long, 25 m de large) et son style gothique flamboyant. Son architecture, marquée par une tour-porche ouest et un chevet plat, s'inspire des grandes chapelles cornouaillaises comme celle de Quimper. La présence de 4 bateaux sculptés à l'intérieur et 14 à l'extérieur offre un témoignage rare de l'évolution de la construction navale bretonne entre 1450 et 1550.
La construction semble avoir débuté vers 1508, comme l'indique une inscription sur le porche sud, bien que des indices suggèrent que le chœur pourrait dater des dernières décennies du XVe siècle. Le chantier, probablement financé par la prospérité maritime du doyenné du Cap-Caval, fut mené rapidement d'est en ouest. La maîtresse-vitre, datable vers 1510, porte les armes d'Anne de Bretagne et celles des barons du Pont, suggérant leur implication dans le financement. Cependant, le déclin du port au milieu du XVIe siècle interrompit les travaux, laissant la tour inachevée.
L'édifice a subi plusieurs modifications au fil des siècles : en 1789, une nouvelle sacristie fut ajoutée au sud-ouest, tandis qu'en 1793, les symboles royaux des vitraux furent effacés lors de la Révolution. La foudre détruisit le clocher central en 1818, reconstruit en 1824. Classée monument historique dès 1862, l'église bénéficia de restaurations majeures entre 1893 et 1895, puis en 2013 pour sa tour ouest, révélant des éléments défensifs ajoutés à la fin du XVIe siècle pendant les troubles de la Ligue.
L'intérieur, dépourvu de transept, présente une nef à cinq travées et un chœur à chevet plat, séparés par un arc-diaphragme. Les supports alternent entre colonnes et piles octogonales, tandis que les voûtes lambrissées et les sablières moulurées créent une impression de grandeur. Parmi les éléments remarquables figurent un bénitier du XVIIe siècle orné de cupules de glands (symboles de la famille Le Coguen, teinturiers locaux) et une série de consoles destinées à une statuaire aujourd'hui partiellement disparue. Les vitraux, bien que partiellement détruits, conservent des fragments d'un cycle de la Vie du Christ attribué aux ateliers quimpérois du début du XVIe siècle.
La tour-porche ouest, chef-d'œuvre du gothique flamboyant, s'inspire directement des modèles quimpérois comme la cathédrale ou la chapelle de Tronoën. Ses contreforts, ornés de niches à dais superposées, et son porche secondaire sud, daté de 1508-1509, illustrent le savoir-faire des ateliers locaux. Le porche, voûté d'ogives à liernes, arbore une inscription de fondation et des sculptures de poissons, rappelant l'activité portuaire. À l'extérieur, les élévations latérales alternent pans de murs aveugles et lucarnes passantes, tandis que les contreforts, couronnés de pinacles ou en bâtière, portent un décor maritime (pêcheurs, carvelles bretonnes).
Classée parmi les premiers monuments historiques français en 1862, l'église Saint-Nonna reste un symbole de l'âge d'or maritime de Penmarc'h. Ses restaurations successives (XIXe-XXIe siècles) ont préservé son caractère exceptionnel, mêlant fonctions religieuses, défensives (fortification en 1595) et mémorielles. Aujourd'hui, elle constitue le cœur historique du bourg, bordée par la rue Edmond Michelet et le chemin de Penhors, et continue d'attirer pour son patrimoine sculpté unique et son acoustique remarquable, mise en valeur par ses deux cloches fondues en 1949.
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