Échappe à la destruction révolutionnaire 1793 (≈ 1793)
Sauvée in extremis par Dartigoeyte.
2003
Classement complet au titre des monuments historiques
Classement complet au titre des monuments historiques 2003 (≈ 2003)
Église et enclos protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église (cad. AA 61) et son enclos (cad. AA 62) : classement par arrêté du 26 septembre 2003
Personnages clés
Guillaume Sanche de Gascogne - Comte de Gascogne
Donateur de l’église en 982.
Jean de Cauna - Dernier prieur élu
Reconstruit église et prieuré (mort en 1438).
Pierre-Arnaud Dartigoeyte - Chef du comité local de Mugron
Empêche sa destruction en 1793.
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre de Nerbis, située dans le département des Landes, trouve ses origines à la fin du Xe siècle. En 982, le comte Guillaume Sanche de Gascogne en fait don à l’abbaye de Saint-Sever lors de sa fondation, selon une charte confirmée en 1012. Ce rattachement à Saint-Sever dure près de huit siècles, jusqu’à la Révolution française. L’église, initialement monastique, devient paroissiale après cette période. Son histoire est marquée par des destructions partielles, notamment en 1435 pendant la guerre de Cent Ans, où les troupes françaises détruisent une partie de l’édifice et incendient le monastère, alors réduit à un prieuré dépendant de Saint-Sever.
Au XVIe siècle, les guerres de Religion frappent durement la région : en 1569, les troupes huguenotes de Montgomery pillent et incendient le clocher et le prieuré, faisant fondre les cloches et volant le trésor. Après ces événements, l’église est partiellement reconstruite vers 1660, comme en témoigne l’inscription « B.Dufegna Margille 1664 » sur le portail. La Révolution française épargne de justesse le bâtiment en 1793, grâce à l’intervention de Pierre-Arnaud Dartigoeyte, chef du comité local de Mugron. Les biens annexes sont cependant saisis et vendus.
L’architecture de l’église mêle des éléments romans (chevet à trois absides, chapiteaux ornés) et des ajouts gothiques tardifs, comme les voûtes à liernes et tiercerons du XVIe siècle. Le clocher, initialement fortifié au XIVe siècle, perd sa partie haute lors de l’incendie de 1569. Classée monument historique en 2003 avec son enclos, l’église conserve des traces de son passé défensif, comme des ouvertures pour guetteurs dans le mur nord, ainsi que des vestiges liés aux populations marginalisées (cagots), telles une porte murée et un bénitier qui leur étaient réservés.
Les travaux de restauration se succèdent aux XIXe et XXe siècles : en 1842-1843, puis entre 1953 et 1984, sous l’impulsion de la commune, propriétaire de l’édifice depuis la Révolution. Le clocher sert même de signal géodésique en 1846 pour l’établissement de la carte d’État-major. Les 35 clefs de voûte, dont certaines datées de 1547, et les chapiteaux inspirés de l’abbaye de Saint-Sever témoignent du savoir-faire des bâtisseurs médiévaux, liés à d’autres chantiers majeurs comme la cathédrale de Bordeaux.
L’église Saint-Pierre illustre ainsi plus de mille ans d’histoire religieuse, politique et sociale en Chalosse, entre donations comtales, conflits armés, et adaptations architecturales. Son enclos, son cimetière avec une zone réservée aux cagots, et ses éléments défensifs rappellent son rôle central dans la vie communautaire, entre culte, protection et exclusion.
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