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Église Saint-Saloine de Saintes en Charente-Maritime

Charente-Maritime

Église Saint-Saloine de Saintes

    6 Impasse des Thermes
    17100 Saintes

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
200
300
1800
1900
2000
Fin du Ier siècle apr. J.-C.
Construction des thermes monumentaux
Antiquité tardive
Abandon des thermes
1729 et XIXe siècle
Destructions partielles
1880
Identification par Camille de La Croix
25 mai 1904
Classement monument historique
Années 2010
Interventions récentes
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Camille de La Croix - Archéologue Identifie les thermes en 1880.
Famille Morand (ou Moran) - Propriétaires du site Fouilles et réutilisation des vestiges (XIXe).
Alain Bouet - Archéologue Études sur le sanctuaire du IIe état.
Jean-Louis Hillairet - Historien Thèse sur le *cardo maximus* et le pont.
Auguste-François Lièvre - Archiviste Décrit des latrines en 1896.

Origine et histoire

Les thermes de Saint-Saloine, situés à Saintes (ancienne Mediolanum Santonum), sont l’un des deux complexes thermaux identifiés dans cette ville gallo-romaine. Construits vers la fin du Ier siècle apr. J.-C., ils succèdent à des ateliers ou habitations antérieures, mal caractérisés, et marquent la troisième phase d’aménagement du site. Leur façade méridionale, partiellement conservée, aurait pu être aménagée en fontaine monumentale, bien que cette hypothèse reste débattue. Seule la moitié orientale du complexe est accessible, l’autre ayant été détruite ou restant inaccessible.

Classés monument historique en 1904, ces thermes illustrent l’apogée urbaine de la capitale des Santons. Leur abandon, survenu durant l’Antiquité tardive, pourrait s’expliquer par la désaffection des bains publics, l’insécurité croissante dans l’Empire romain, ou l’impossibilité d’assurer leur entretien coûteux. Le site est partiellement sauvé par sa conversion en sanctuaire paléochrétien, puis en église romane dédiée à saint Saloine, avant d’être progressivement démantelé à partir du XVIIIe siècle.

Les vestiges visibles aujourd’hui incluent des pans de mur du caldarium (salle chaude), dont le mur méridional présente des exèdres suggérant une fontaine monumentale. Les fouilles, menées depuis le XIXe siècle, ont révélé des traces de la palestre (salle de sport), du frigidarium (salle froide), et du laconicum (salle de sudation), ainsi que des systèmes de chauffage (praefurnium) et d’adduction d’eau. L’aqueduc du Douhet, bien que non attesté archéologiquement, est supposé avoir alimenté le complexe. Le site, situé dans le quartier Saint-Vivien, est bordé au nord par la rue des Thermes romains et le cimetière éponyme.

Les thermes s’inscrivaient dans un réseau viaire antique, avec un decumanus (voie est-ouest) et un cardo (voie nord-sud) adjacent, ce dernier pouvant avoir été le cardo maximus de la ville. Leur localisation, en haut d’une colline dominant la Charente, renforçait leur caractère monumental. Des latrines publiques, décrites en 1896, pourraient avoir été situées à proximité, bien que leur emplacement exact reste incertain. Le site, fouillé à plusieurs reprises, conserve des traces de réutilisation funéraire durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge.

Les destructions partielles, notamment au XVIIIe siècle et lors de la création du cimetière Saint-Vivien (1835), ont effacé une partie des vestiges. En 1880, Camille de La Croix identifie définitivement la fonction thermale du site, mettant fin à la croyance locale selon laquelle il s’agissait d’un temple dédié à Minerve. Les fouilles de 1906, bien que non publiées, et les interventions récentes (années 2010) ont permis de préciser certains aménagements, tout en remettant en cause des interprétations antérieures.

Aujourd’hui, les thermes de Saint-Saloine constituent, avec l’arc de Germanicus, l’amphithéâtre et le rempart gallo-romain, l’un des quatre monuments antiques encore visibles en élévation à Saintes. Leur étude continue d’éclairer l’urbanisme et les pratiques sociales de la Gaule romaine, tout en soulignant les défis de conservation posés par les aménagements modernes.

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