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Église Saint-Similien en Loire-Atlantique

Église Saint-Similien

    34 Place Saint Similien
    44000 Nantes

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
300
400
500
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1800
1900
2000
310
Mort de Similien
419
Consécration de la basilique
848
Invasions normandes
1172
Restauration achevée
1487
Siège de Nantes
1824
Reconstruction post-révolutionnaire
1869-1897
Construction néo-gothique
1905
Loi de séparation
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Similien de Nantes - 3ᵉ évêque de Nantes (IVᵉ siècle) Fondateur spirituel, enterré sous l’église.
Eumilius - Évêque successeur de Similien Constructeur de la chapelle votive (310).
Léon de Nantes - Évêque grec (444-458) Bâtisseur de la première basilique (20m).
Grégoire de Tours - Historien (VIᵉ siècle) Cite la basilique dans *De gloria Martyrum*.
Gauthier - Évêque (Xᵉ siècle) Lance la restauration post-normande (958).
Pierre du Chaffault - Évêque (XVᵉ siècle) Agrandit l’église après le siège de 1487.
Eugène Boismen - Architecte (XIXᵉ siècle) Conçoit l’église néo-gothique actuelle.
Joseph Vallet - Sculpteur (XIXᵉ siècle) Auteur des autels et statues mariales.

Origine et histoire

L’église Saint-Similien, située à Nantes dans le quartier Hauts-Pavés - Saint-Félix, est dédiée à Similien, 3e évêque de la ville au IVe siècle. Son origine remonte à une chapelle votive édifiée en 310 par l’évêque Eumilius sur le tombeau de Similien, remplacée un siècle plus tard par une basilique mérovingienne de 20 mètres de long. Consacrée en 419, elle abritait les plus anciens fonts baptismaux de Nantes (Ve siècle) et fut citée par Grégoire de Tours comme l’une des basiliques majeures de la cité.

Au IXe siècle, l’église survécut aux invasions normandes (848) malgré le pillage de ses reliques, puis fut restaurée entre 958 et 1172 sous l’impulsion de l’évêque Gauthier et du duc Geoffroy II. Après le siège de Nantes en 1487 pendant la guerre folle, l’évêque Pierre du Chaffault l’agrandit en croix latine, conservant son abside mérovingienne et ajoutant un clocher de 32 mètres. Fermée pendant la Révolution (1793), elle rouvrit en 1802 avant d’être reconstruite en 1824, puis entièrement repensée en style néo-gothique par l’architecte Eugène Boismen à partir de 1869.

La nouvelle église, bénie en 1897, devint un édifice de 68 mètres avec trois nefs, deux déambulatoires et un chevet dédié à Notre-Dame de Miséricorde. Sa façade, prévue avec deux clochers jumeaux, resta inachevée après la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Les vitraux, réalisés entre 1876 et 1879 par la Fabrique du Carmel du Mans, illustrent des scènes bibliques et mariales, tandis que l’orgue, construit en 1850 et restauré à plusieurs reprises, orne la nef. Deux cloches historiques (1819), aujourd’hui sans clocher, rappellent son passé.

L’intérieur abrite des autels en marbre de Carrare, dont celui de la Vierge (1886) par Joseph Vallet, et des bas-reliefs représentant des foules en prière. Une légende locale, née d’une interprétation d’un vitrail apocalyptique, évoque un dragon terrifiant autrefois le quartier des Hauts-Pavés. Malgré des projets d’embellissement avortés (1968), l’église conserve son caractère hybride, mêlant vestiges médiévaux et élégance néo-gothique, témoin de 17 siècles d’histoire religieuse nantaise.

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