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Forerie-chapelle de la manufacture d’Indret en Loire-Atlantique

Loire-Atlantique

Forerie-chapelle de la manufacture d’Indret

    31 Rue de Lorient
    44610 Indre

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1777
Création de la fonderie d’Indret
1781
Devenue manufacture royale
1810
Introduction de la machine à vapeur
1828
Désaffectation de la forerie
1842
Transformation en chapelle néogothique
21 novembre 2022
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, y compris le sol, la voûte en charpente avec ses luminaires et les infrastructures voûtées mises au jour, la forerie-chapelle de la manufacture d’Indret, rue de Lorient, telle que délimitée sur le plan annexé à l’arrêté et figurant au cadastre parcelle n° 123 section AH : inscription par arrêté du 21 novembre 2022

Personnages clés

Louis XVI - Roi de France Commanditaire de la reconstitution navale post-1763.
Antoine de Sartine - Ministre de la Marine Fonda la fonderie d’Indret en 1777.
Wilkinson (famille) - Maîtres métallurgistes anglais Introduisirent les techniques modernes de forge.

Origine et histoire

La forerie-chapelle de la manufacture d’Indret est un édifice emblématique de l’industrialisation de la Basse-Loire. À l’origine, ce site abritait un moulin à marée alimentant une forerie (atelier de forage des canons), construite en 1777 sur l’île fluviale d’Indret, propriété de la Couronne. Ce choix stratégique répondait à la volonté de Louis XVI de reconstituer la flotte française après la guerre de Sept Ans (1756-1763), en modernisant la production d’artillerie. Les techniques innovantes de fonte et de forage, importées par les Wilkinson (maîtres métallurgistes anglais), y furent mises en œuvre, faisant d’Indret la première manufacture royale de canons de la région, aux côtés de Brest et Toulon.

En 1810, l’arrivée de la machine à vapeur rend obsolète le moulin à marée, entraînant la désaffectation de la forerie en 1828. Le bâtiment est alors reconverti en chapelle néogothique en 1842, devenant le premier édifice de ce style en Loire-Inférieure (actuelle Loire-Atlantique). Cette chapelle, désacralisée en 1976, servit de lieu de culte pour les ouvriers et habitants du quartier industriel. Des fouilles archéologiques menées entre 1998 et 2002 ont révélé les vestiges du moulin à marée sous l’édifice, confirmant son double héritage industriel et religieux.

Le site, acquis par la Ville d’Indre en 2001, est classé monument historique depuis le 21 novembre 2022. Il incarne la transition entre l’ère préindustrielle (énergie hydraulique) et la révolution industrielle (machine à vapeur), tout en symbolisant l’ancrage spirituel des communautés ouvrières. Son architecture hybride — infrastructures voûtées industrielles et éléments néogothiques — en fait un témoignage unique de l’histoire technologique et sociale de la Basse-Loire.

La localisation d’Indret, sur un bras de la Loire, était stratégique : elle permettait d’exploiter l’énergie des marées pour actionner les roues à aubes du moulin, tout en facilitant le transport des matières premières (métal, charbon) par voie fluviale. Ce site s’inscrit dans un pôle métallurgique majeur, aux côtés des forges de Basse-Indre (1822) et des laminoirs de Couëron (1861), illustrant l’essor économique lié au port de Nantes, alors premier port de France au XVIIIe siècle.

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