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Fort du Saint-Eynard dans l'Isère

Fort du Saint-Eynard

  • D57A
  • 38700 Le Sappey-en-Chartreuse
D57A, 38700 Le Sappey-en-Chartreuse, France

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1873-1879
Construction du fort
21 janvier 1887
Renommage par Boulanger
13 octobre 1887
Retour au nom original
1962
Déclassement militaire
1963
Rachat par les communes
1991
Début de la restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Richard de Régnauld de Lannoy de Bissy - Superviseur de la construction Dirigea les travaux de 1873 à 1879.
Général Séré de Rivières - Concept du système défensif Inspira la ceinture fortifiée de Grenoble.
Colonel Cosseron de Villenoisy - Ingénieur du projet local Succéda à de Bissy pour achever le fort.
Georges Boulanger - Ministre de la Guerre Renomma temporairement le fort en 1887.
Jean-Mathieu Seras - Général homonyme du fort Nom donné sous Boulanger (1887).

Origine et histoire

Le fort du Saint-Eynard, aussi appelé fort Seras, est une fortification militaire intégrée à la ceinture défensive de Grenoble, conçue pour protéger la ville et ses alentours. Situé à 1 338 mètres d’altitude sur le mont Saint-Eynard, il domine la vallée et surveillait notamment les accès depuis la Savoie par le col de Porte. Construit entre 1873 et 1879 sous la supervision de Richard de Régnauld de Lannoy de Bissy, il suit les plans du général Séré de Rivières et du colonel Cosseron de Villenoisy, dans le cadre d’un réseau de sept forts destinés à sécuriser Grenoble.

Le fort s’étend sur 274 410 m2, avec une surface bâtie de 65 000 m2 organisée en quatre bâtiments en forme de V, abritant jusqu’à 476 soldats. Équipé de 25 pièces d’artillerie (dont des canons de 155 mm et des mortiers de 220 mm), il était conçu pour résister à des sièges prolongés, avec des infrastructures comme une boulangerie, une infirmerie et un télégraphe optique. Malgré son rôle stratégique, il n’a jamais été utilisé en combat, rendu obsolète par l’aviation lors de la Seconde Guerre mondiale.

Construit par 300 ouvriers italiens et 115 militaires, le fort a coûté 1 155 833 francs, utilisant des pierres calcaires locales et de la chaux produite au Sappey-en-Chartreuse. Les terrains, achetés pour 17 167 francs, appartenaient majoritairement à la commune du Sappey. Le fort fut déclassé en 1962, puis racheté par les communes du Sappey et de Corenc en 1963 pour 60 000 francs. Laissé à l’abandon, il fut restauré à partir de 1991 par une entreprise privée, avec l’appui des municipalités et des Bâtiments de France.

Aujourd’hui, le fort abrite un restaurant montagnard et un musée, ouverts de mai à novembre, ainsi qu’un espace historique mettant en valeur son patrimoine et son panorama exceptionnel. Les recettes générées par ces activités financent son entretien. Depuis 1998, il accueille également des expositions d’artistes français et internationaux, contribuant à sa revitalisation culturelle.

Bien que conçu pour contrer une invasion par la Chartreuse ou le Grésivaudan, son orientation réelle et l’évolution des technologies militaires (comme l’aviation) ont limité son utilité pratique. Il reste cependant un témoignage majeur de l’architecture défensive du XIXe siècle et un site touristique prisé pour son histoire et ses vues sur les Alpes.

Liens externes

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