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Graineterie Roux à Carpentras dans le Vaucluse

Graineterie Roux

    70 Avenue Bel air
    84200 Carpentras
Propriété privée
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Graineterie Roux
Crédit photo : Véronique PAGNIER - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1907
Fondation de la graineterie
1919
Création officielle de la Graineterie Aimé Roux
années 1920
Premiers agrandissements
1949
Création des Établissements Aimé Roux
1951
Aménagement du laboratoire
2005
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La graineterie en totalité, avec l'ensemble de son dispositif de production (cad. CL 115) : inscription par arrêté du 9 septembre 2005

Personnages clés

Albert Simon - Fondateur initial Négociant en graines, acheteur du moulin en 1913.
Aimé Roux - Fondateur de la graineterie Époux de la fille d’Albert Simon, créateur de l’Usine de Souville.
André Roux - Gérant et modernisateur Fils d’Aimé Roux, développe le laboratoire en 1951.
Maurice Fra - Dernier exploitant Agriculteur locataire, renomme l’activité *Fra Décorticage* dans les années 1990.

Origine et histoire

La graineterie Roux, située au 34 rue Bel Air à Carpentras, a été fondée en 1907. Elle est installée dans un moulin construit en 1911 par Pierre Nicolas, racheté en 1913 par Albert Simon, négociant en graines. Ce dernier y installe une activité industrielle sous le nom de Maison Albert Simon dite Le Moulin. En 1917, Aimé Roux, gendre d'Albert Simon, hérite du site et crée officiellement la Graineterie Aimé Roux en 1919, spécialisée dans la décortication, le conditionnement et le négoce de graines (riz, colza, tournesol, psyllium).

Le bâtiment, construit en moellons de calcaire et briques creuses, subit plusieurs agrandissements : un premier étage est aménagé au début des années 1920, et la partie est est surélevée en 1928. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'usine est réquisitionnée pour traiter du riz et des pois cassés. En 1949, les Établissements Aimé Roux sont officiellement créés, et André Roux, fils du fondateur, modernise le laboratoire en 1951, obtenant l'agrément pour la multiplication des semences. L'activité, initialement centrée sur le marché local, s'étend à l'échelle nationale grâce à la proximité de la gare de Carpentras.

L'usine, qui fonctionne jusqu'au début des années 2000, change plusieurs fois de nom : Usine Bel-Air dans les années 1980, puis Fra Décorticage à la fin des années 1990 sous la direction de Maurice Fra. Elle traite alors des céréales, oléagineux et protéagineux pour l'alimentation biologique (réseau Ecocert). Le site, inscrit aux Monuments historiques en 2005, abrite encore 38 machines protégées, dont des germinateurs, trieurs alvéolaires et décortiqueuses. Aujourd'hui propriété de la commune, il est partiellement réhabilité par l'association Labelvers, qui y a installé un atelier d'autoréparation de vélos et un café associatif.

La graineterie Roux est un exemple rare de patrimoine industriel semencier en France, avec seulement deux autres sites répertoriés (à Carignan et Blois). Son architecture fonctionnelle, organisée sur trois niveaux (rez-de-chaussée pour les machines lourdes, 1er étage pour l'ensachage, comble pour le laboratoire), reflète l'adaptation progressive aux normes agricoles du XXe siècle. Les machines, souvent fabriquées par des artisans locaux ou des firmes spécialisées (comme la Société industrielle de matériel électromagnétique d'Aubervilliers), témoignent de l'innovation technique de l'époque.

Le déclin de l'activité dans les années 1990 coïncide avec l'évolution de la réglementation sur les semences, marquée par des décrets comme celui de 1981 exigeant des variétés distinctes, stables et homogènes. La graineterie, qui avait obtenu des agréments pour la multiplication des semences dans les années 1950, ne peut suivre les exigences croissantes du marché. Aujourd'hui, le bâtiment, bien que désaffecté industriellement, reste un lieu de mémoire et de transmission, ouvert ponctuellement lors des Journées du patrimoine ou via des circuits locaux.

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