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Grosse forge dans l'Orne

Orne

Grosse forge

    967 Impasse de la Forge
    61320 au Champ-de-la-Pierre
Crédit photo : Ikmo-ned - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1572
Construction initiale
1667
Logement patronal
1702
Acquisition par les Ricœur
1714
Restauration majeure
1859
Reconstruction du haut-fourneau
1880
Fin de l’activité
1991
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble des vestiges de la Grande-Forge : haut-fourneau avec ses ateliers et magasins annexes, réservoir d'eau de la roue du marteau de la forge, boulangerie, ancienne maison ouvrière ; vestiges de la fonderie : façades et toitures des deux maisons ouvrières et trois parcelles A 81 à 83 constituant le site (cad. A 19, 20, 81 à 83) : classement par arrêté du 19 septembre 1991

Personnages clés

Mary Després - Maître d’œuvre Constructeur du haut-fourneau en 1572.
Claude De Broons - Seigneur et commanditaire Propriétaire initial du site en 1572.
Famille Ricœur - Propriétaires (à partir de 1702) Acquéreurs et restaurateurs du complexe.

Origine et histoire

La Grosse forge du Champ-de-la-Pierre, située dans le département de l’Orne en Normandie, est un complexe sidérurgique établi dès le 1er quart du XVIIe siècle (attesté en 1572 pour le haut-fourneau initial) et actif jusqu’à la fin du XIXe siècle. Le site, classé Monument historique en 1991, se compose d’un haut-fourneau, d’une affinerie, d’une fenderie, et de logements ouvriers et patronaux. Il illustre l’exploitation du minerai local (provenant de Rânes), du charbon de bois issu des forêts environnantes (dont celle d’Écouves), et de la castine de La Roche-Mabile. La production, initialement destinée aux forges du bocage, alimentait aussi les cloutiers, serruriers et quincailliers des régions de Vire, Tinchebray et Domfront, où ces activités occupaient des milliers d’ouvriers.

Le haut-fourneau et l’affinerie furent construits en 1572 par Mary Després pour Claude De Broons, seigneur local, tandis que le logement patronal date de 1667. Le site fut acquis en 1702 par la famille Ricœur, qui le restaura en 1714. Au XVIIIe siècle, la forge employait jusqu’à 75 ouvriers et produisait annuellement 150 tonnes de fonte et 75 tonnes de fer affiné. Le haut-fourneau, reconstruit en 1859 avec un atelier de moulerie, cessa son activité vers 1880, marquant la fin de la sidérurgie traditionnelle en Basse-Normandie. Les fouilles archéologiques des années 1985–1986 ont révélé des vestiges d’ateliers annexes, confirmant l’importance historique du site.

La fenderie, attestée dès 1619 et restaurée en 1745, transformait le fer produit sur place avant de l’expédier vers les artisans locaux. Son arrêt vers 1880 coïncide avec celui de la forge, victime de la révolution industrielle et de l’épuisement des ressources forestières. Aujourd’hui, le haut-fourneau restauré, avec celui des forges de Varennes, constitue l’un des rares témoignages matériels de la sidérurgie au bois en Normandie. Le site conserve également des archives privées et des logements ouvriers, offrant un aperçu complet de l’organisation sociale et technique de cette industrie préindustrielle.

Classé pour ses vestiges (haut-fourneau, logements, réservoir d’eau, boulangerie), le site du Champ-de-la-Pierre est étudié dans l’Inventaire général du Patrimoine industriel de Basse-Normandie. Son histoire, documentée par des sources comme les Cahiers de l’Inventaire ou les travaux de François Dornic, souligne son rôle clé dans l’économie régionale, notamment dans la production de clous, serrures et quincaillerie, secteurs dominants à Tinchebray et ses environs.

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