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Grotte de Bara-Bahau en Dordogne

Dordogne

Grotte de Bara-Bahau

    689 Route de Bara-Bahau
    24260 au Bugue

Frise chronologique

Paléolithique
Mésolithique
Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1505000 av. J.-C.
1504900 av. J.-C.
0
1900
2000
Paléolithique supérieur
Période de création des gravures
1er avril 1951
Découverte des gravures
15 août 1951
Expertise initiale des gravures
1955
Étude détaillée des gravures
20 avril 1961
Classement monument historique
2017
Reprise de la gestion touristique
mars 2021
Hommage sur Mars
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Grotte de Bara-Bahau (cad. BD 150, 161, 185) : classement par arrêté du 20 avril 1961

Personnages clés

Norbert Casteret - Spéléologue et découvreur A exploré la salle profonde en 1951
Maud Casteret - Fille de Norbert Casteret Première à reconnaître les gravures
Abbé Henri Breuil - Préhistorien et expert A expertisé les gravures en 1951
Abbé André Glory - Préhistorien et chercheur A étudié les gravures en 1955
Brigitte Delluc - Préhistorienne et chercheuse A analysé les gravures avec Gilles Delluc
Gilles Delluc - Préhistorien et chercheur A travaillé sur l’attribution magdalénienne
André Leroi-Gourhan - Préhistorien et théoricien A proposé l’attribution au Magdalénien
F.-M. Bergounioux - Géologue et chercheur A étudié la géologie de la grotte

Origine et histoire

La grotte de Bara-Bahau, longue d’une centaine de mètres, est une cavité paléolithique située sur la commune du Bugue en Dordogne, dans la vallée de la Vézère. Elle se distingue par ses concrétions excentriques et ses 26 gravures pariétales, réparties en deux thèmes : des représentations animales (équidés, bovidés, ours) et des signes géométriques ou humains. Son nom, issu de l’occitan local, évoque un effondrement rocheux visible dans la première salle. Propriété privée ouverte au public, elle a été classée monument historique en 1961.

La grotte fut découverte en deux temps : la partie superficielle était connue depuis toujours, tandis que la salle profonde, abritant les gravures, ne fut explorée que le 1er avril 1951 par le spéléologue Norbert Casteret et sa fille Maud. Les gravures, expertisées par l’abbé Henri Breuil dès 1951, furent étudiées en détail par l’abbé André Glory en 1955, puis par Brigitte et Gilles Delluc. Longtemps attribuées à l’Aurignacien, elles sont aujourd’hui datées du Magdalénien ancien-moyen (style IV), selon les travaux de Leroi-Gourhan et des Delluc.

Creusée dans des calcaires argileux du Campanien, la grotte s’étend sur 90 mètres, avec une hauteur variant de 3 à 12 mètres. Elle se divise en une galerie d’entrée et une rotonde ornée, où les gravures, tracées sur un calcaire tendre parsemé de nodules de silex, couvrent trois niveaux superposés. Les équidés dominent le bestiaire (55 %), suivis des bovidés (25 %). Des vestiges lithiques aurignaciens et des ossements d’ours des cavernes, antérieurs aux gravures, y ont aussi été découverts.

La grotte, aménagée pour le tourisme (éclairages, escaliers, négatoscope), accueille environ 10 000 visiteurs annuels sans problème de conservation. En 2017, sa gestion fut confiée aux dirigeants du parc du Bournat, également situé au Bugue. Par ailleurs, son nom a été donné en 2021 à un affleurement rocheux analysé par le robot Curiosity sur Mars, parmi d’autres toponymes français.

Les études géologiques, menées par F.-M. Bergounioux, ont révélé des sondages profonds près de l’entrée, tandis que les dépôts des deux salles ont livré des outils lithiques rares. L’occupation animale préhistorique, attestée par des griffades d’ours, complique parfois la lecture des gravures. La grotte reste un témoignage majeur de l’art pariétal et de la spéléologie préhistorique en Nouvelle-Aquitaine.

Liens externes