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Grotte Etcheberriko-Kharbia à Camou-Cihigue dans les Pyrénées-Atlantiques

Pyrénées-Atlantiques

Grotte Etcheberriko-Kharbia

    425 Chemin d'Etxeberrikoborda
    64470 Camou-Cihigue

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1938
Première exploration complète
1er mai 1950
Découverte du cheval rouge
29 septembre 1952
Classement monument historique
Années 1980
Nouvelles découvertes et dégradations
2008
Datation des œuvres
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Grotte Etcheberriko-Kharbia contenant des peintures préhistoriques (cad. C 469, 479, 480, 481) : classement par arrêté du 29 septembre 1952

Personnages clés

Georges Laplace - Préhistorien A étudié et publié sur la grotte dès 1951.
Pierre Boucher - Explorateur Codécouvreur du cheval rouge en 1950.
Éric de Valicourt - Spéléologue A identifié de nouvelles figures dans les années 1980.
Michel Lauga - Spéléologue Collaborateur de Valicourt pour les découvertes.

Origine et histoire

La grotte d'Etxeberri, aussi appelée grotte d'Etcheberria ou Etcheberriko-Kharbia, est une grotte ornée située dans la commune de Camou-Cihigue, dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle est célèbre pour ses représentations pariétales attribuées au Magdalénien moyen, une période du Paléolithique supérieur. Ces œuvres, découvertes progressivement au XXe siècle, incluent des figures de chevaux, bisons et bouquetins, réparties dans deux salles principales : la « salle des Peintures » et la « salle du Gouffre ». La grotte, classée monument historique en 1952, est un témoignage rare de l’art préhistorique dans cette région.

La grotte est connue depuis le début du XXe siècle, mais ce n’est qu’en 1950 que Pierre Boucher et Georges Laplace y découvrent une première représentation, un petit cheval rouge. Laplace mène des études approfondies à partir de 1951, publiant ses résultats en 1952. Dans les années 1980, Éric de Valicourt et Michel Lauga identifient de nouvelles figures, portant le total à 68 représentations graphiques recensées en 1988. Cependant, certaines de ces œuvres ont disparu ou sont devenues illisibles en raison des dégradations causées par la fréquentation du site.

Située à 440 mètres d’altitude sur le versant occidental de la montagne Axkoargibela, la grotte s’étend sur environ 200 mètres. Son accès est périlleux, nécessitant un équipement spéléologique en raison de ses puits, chatières et gouffres. La « salle des Peintures », située à 150 mètres de l’entrée, abrite la majorité des ornements, dont 14 chevaux, un bison et un bouquetin, tous de grandes dimensions. Les figures, réalisées avec des pigments naturels comme l’argile, présentent un style naturaliste caractéristique du Magdalénien.

La « salle du Gouffre », accessible après une rupture de pente de 8 mètres et un gouffre de 20 mètres, contient d’autres représentations, dont un cheval gravé dans l’argile et des figures tracées au doigt. Ces œuvres, bien que partiellement effacées, témoignent de l’audace des artistes préhistoriques qui ont surmonté les difficultés d’accès pour orner ces lieux. Le mobilier archéologique trouvé dans la grotte est limité à quelques outils en silex et des fragments d’ocre, suggérant des occupations courtes et sporadiques.

Des datations réalisées en 2008 sur des ossements et des coquillages retrouvés dans la salle des Peintures ont permis d’estimer l’âge des représentations entre 16 084 et 13 770 ans avant le présent. Ces résultats confirment l’attribution des œuvres au Magdalénien moyen et soulignent l’importance de ce site pour la compréhension de l’art pariétal paléolithique dans les Pyrénées.

Malgré sa richesse archéologique, la grotte Etcheberriko-Kharbia reste fragile. Les dégradations observées dès la fin des années 1980 ont conduit à une prise de conscience de la nécessité de protéger ce patrimoine exceptionnel, aujourd’hui classé et préservé pour les générations futures.

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