Fondation initiale 1170 (≈ 1170)
Création par Louis le Jeune hors des remparts.
1208
Transfert intra-muros
Transfert intra-muros 1208 (≈ 1208)
Déplacement près du château royal.
XIVe siècle
Crise sanitaire
Crise sanitaire XIVe siècle (≈ 1450)
Affaiblissement par la peste.
1806
Vente et dégradations
Vente et dégradations 1806 (≈ 1806)
Division en lots et destructions partielles.
14 mai 1927
Première protection
Première protection 14 mai 1927 (≈ 1927)
Inscription de la porte et arcades.
24 juin 2020
Extension de protection
Extension de protection 24 juin 2020 (≈ 2020)
Façades, toitures et salle des malades.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La porte du XIIIème siècle et les arcades intérieures de l'ancien hôtel-Dieu, sis rue du Châtel : inscription du 14 mai 1927 ; Les façades et toitures du logis (n°24), exceptée la véranda contemporaine, la totalité de la salle des malades (n°26), y compris sa cave et l'emprise des sols de la parcelle de jardin de l'ancien hôtel-Dieu, situé au n°24 et 26 rue du Châtel, figurant au cadastre section AE, parcelles nos 344 et 345, telles que délimitées sur le plan annexé à l'arrêté: inscription par arrêté du 24 juin 2020
Personnages clés
Louis le Jeune - Fondateur initial
Roi à l’origine du premier hôtel-Dieu.
Origine et histoire
L’Hôtel-Dieu de Senlis, fondé au XIIIe siècle, s’organise autour d’un bâtiment principal abritant un sanctuaire et des salles pour les malades, orienté perpendiculairement à la rue du Châtel. Ce complexe hospitalier médiéval inclut aussi des logis latéraux, ajoutés jusqu’au XVIIe siècle, qui hébergeaient un couvent de religieuses ainsi que des services essentiels : cuisine, réfectoire, pharmacie, et greniers. Son architecture se distingue par un tympan trilobé sculpté de motifs végétaux et de crochets, et par des arcades brisées séparant les trois nefs intérieures. Ces éléments, typiques de l’art gothique, reflètent la dualité spirituelle et caritative de l’établissement.
Un premier hôtel-Dieu est établi en 1170 par Louis le Jeune dans le faubourg Saint-Martin, hors des remparts de Senlis, avant d’être transféré en 1208 près du château royal, sur l’actuelle rue du Châtel, pour des raisons de sécurité. Son fonctionnement repose sur des dons royaux, épiscopaux et privés (terres, argent, dîmes), lui permettant d’accueillir et soigner les pauvres. Malgré des crises comme la peste au XIVe siècle et une gestion parfois défaillante, l’hôtel-Dieu survit jusqu’à la Révolution. Vendu en 1806, il subit alors des dégradations majeures : destruction du bas-côté sud, du clocher, et de l’abside, tandis que la salle des malades devient un entrepôt au XIXe siècle.
Les protections patrimoniales interviennent tardivement : la porte du XIIIe siècle et les arcades intérieures sont inscrites en 1927, suivies en 2020 par les façades, toitures, et la salle des malades avec sa cave. Ces mesures visent à préserver les vestiges d’un lieu emblématique de la charité médiévale, marqué par près de 600 ans d’histoire hospitalière.
Le site illustre l’évolution des pratiques médicales et religieuses au Moyen Âge, où les hôtels-Dieu jouaient un rôle central dans l’assistance aux plus démunis. À Senlis, ville proche de Paris et liée à la couronne, cet établissement bénéficiait d’un soutien royal constant, tout en subissant les aléas politiques et sanitaires de son époque. Aujourd’hui, ses ruines et éléments protégés témoignent de cette vocation à la fois spirituelle et sociale, ancrée dans le paysage urbain depuis le XIIIe siècle.
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