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Église Notre-Dame de Frières-Faillouël dans l'Aisne

Aisne

Église Notre-Dame de Frières-Faillouël

    4 Rue de l'Église
    02700 Frières-Faillouël
A

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1835
Reconstruction du chœur
1914-1918
Destruction pendant la Grande Guerre
1920
Décoration de la Croix de guerre
Années 1930
Reconstruction post-guerre
1944
Base aérienne allemande (Luftwaffe)
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Charles le Chauve - Roi puis empereur franc Donne deux tiers du village à l’abbaye Saint-Corneille (877).
Jacques Le Sellier de Chezelles - Vicomte et ancien seigneur Condamné à mort par les Allemands en 1917, se suicide.
André Granet - Architecte parisien Reconstruit la ferme Le Sellier de Chezelles (1919-1922).
Gustave Olive et Joseph Martin - Architectes parisiens Reconstruisent le château en 1928.
Théodor Weissenberger - As de la Luftwaffe Combats depuis la base de Frières en 1944.

Origine et histoire

L’église Notre-Dame de Frières-Faillouël, initialement construite au XIVe siècle, fut restaurée en 1689 puis détruite en 1918 pendant la Première Guerre mondiale. Les Allemands, occupant le village à plusieurs reprises entre 1914 et 1918, dynamitèrent systématiquement les bâtiments, y compris l’église, avant leur retrait. Seule la façade résista partiellement aux destructions.

La reconstruction de l’édifice intervint dans les années 1930, réutilisant les fondations d’origine (murs, façade et toit identiques au XIVe siècle). Le clocher, initialement ajouté en 1835 sur le chœur, fut cette fois-ci reconstruit de manière indépendante contre la façade sud. Les vitraux, non signés, furent dédiés à Thérèse de Lisieux, ajoutant une dimension spirituelle moderne à ce patrimoine marqué par la guerre.

Le village de Frières-Faillouël, décoré de la Croix de guerre en 1920, symbolise la résilience locale. L’église, la mairie et les habitations furent rebâties dans les décennies suivant le conflit, tandis que des traces archéologiques gallo-romaines (villages, villa, figurine volée) et médiévales (motte castrale du XIIe-XIIIe siècle) rappellent une occupation ancienne du site.

Avant 1914, l’économie locale reposait sur l’agriculture, complétée par des activités artisanales (fabrique de sucre, brasserie, briqueterie). La Première Guerre mondiale marqua un tournant : après 1918, la reconstruction fut lente, avec des baraquements provisoires avant l’édification définitive des bâtiments publics et religieux. L’église actuelle, bien que s’inspirant du style médiéval, intègre des éléments architecturaux évoquant pour certains les églises arméniennes ou géorgiennes, sans confirmation historique.

Le territoire, traversé par d’anciennes voies romaines et médiévales (dont la D1, ex-Route nationale 37), fut aussi le théâtre d’affrontements lors de la Seconde Guerre mondiale. En 1944, la Luftwaffe y installa une base aérienne (Messerschmitt Bf 109), tandis que des résistants locaux, comme ceux du groupement B des FFI, organisèrent des sabotages (canal de Saint-Quentin). Ces événements rappellent le rôle stratégique de la région, entre Picardie et Nord-Est.

Aujourd’hui, l’église Notre-Dame incarne à la fois la mémoire des conflits du XXe siècle et la continuité d’un patrimoine religieux ancré depuis le Moyen Âge. Son architecture hybride, entre reconstruction fidèle et influences stylistiques variées, en fait un témoin unique de l’histoire tourmentée de Frières-Faillouël.

Liens externes