Nicolas Le Mercier - Maître d’œuvre présumé (XVIe siècle)
Aura peut-être travaillé sur le clocher ou le chœur.
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Cormeilles-en-Vexin, située dans le parc naturel régional du Vexin français, est un édifice composite marquant plusieurs époques architecturales. Sa nef romane, datée du dernier quart du XIe siècle par la plupart des historiens, se distingue par ses grandes arcades aux chapiteaux archaïques. Ces éléments, ainsi que le portail occidental, sont parmi les plus anciens conservés dans le Val-d'Oise. La nef fut voûtée d'ogives environ un siècle après sa construction, vers la fin du XIIe ou le début du XIIIe siècle, une intervention qui modifia également les bas-côtés.
Le chœur, reconstruit au XIIIe siècle sous l’influence de la basilique Saint-Denis, illustre l’architecture gothique parisienne de l’époque de Saint Louis. Son élévation sur trois niveaux (grandes arcades, triforium, fenêtres hautes) et son chevet plat reflètent les canons de l’école francilienne. Cependant, l’étage des fenêtres hautes ne fut achevé qu’au XVIe siècle, période durant laquelle le clocher fut aussi surélevé pour dominer la toiture du chœur. Les désordres structurels des arcs-boutants, mal conçus, ont nécessité des étayages prolongés au XXe siècle avant une restauration complète entre 2006 et 2008.
Le transept, contemporain de la nef, conserve des voûtes romanes rares dans la région : berceau pour les croisillons et arêtes pour la croisée. Ses peintures murales du XIVe siècle, en faux appareil, masquent les traces des remaniements médiévaux, notamment la consolidation des piles du clocher. Les croisillons, initialement saillants, furent intégrés visuellement aux collatéraux du chœur après la suppression de leurs pignons au XIVe siècle. Les arcades entre croisillons et collatéraux, refaites au XVIe siècle, adoptent un profil prismatique caractéristique de l’époque flamboyante.
Classée monument historique en 1911, l’église a bénéficié de plusieurs campagnes de restauration, notamment sous la direction de Jules Formigé à partir de 1915. Les travaux ont inclus la démolition d’un porche moderne devant la façade occidentale (1987), la consolidation des arcs-boutants du chœur (années 1940 et 1950), et une restauration majeure achevée en 2008. Malgré ces interventions, des éléments originaux subsistent, comme les modillons sculptés de la façade ou les chapiteaux du triforium, témoins du rayonnement de l’abbaye de Saint-Denis.
L’église abrite un mobilier remarquable, dont neuf éléments classés : statues des XVIe–XVIIIe siècles (saint Nicolas, Vierge à l’Enfant), un groupe sculpté du XVIIe siècle (Charité de saint Martin), et des bas-reliefs du XVIe siècle intégrés au maître-autel. Ces œuvres reflètent la dévotion locale et les influences artistiques successives, de la Renaissance au baroque. Sous l’Ancien Régime, la paroisse dépendait de l’archidiocèse de Rouen, puis fut rattachée au diocèse de Versailles après la Révolution, avant d’intégrer celui de Pontoise en 1966.
La façade occidentale, restaurée dans son état roman d’origine, révèle une sobriété caractéristique : contreforts plats, baies en plein cintre, et un portail orné de billettes et de têtes grimaçantes. À l’intérieur, la nef aveugle contraste avec la luminosité du chœur, dont les fenêtres hautes, inspirées de la cathédrale de Pontoise, illuminent un espace voûté de croisées d’ogives légères. Les collatéraux, inchangés depuis le XIIIe siècle, conservent leurs ogives et doubleaux d’origine, tandis que le clocher, mixant éléments romans et Renaissance, domine l’édifice avec ses baies géminées et son œil-de-bœuf sommital.
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