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Immeuble à Paris 1er dans Paris

Immeuble

    8 Rue des Orfèvres
    75001 Paris 1er Arrondissement
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Crédit photo : Fabio Gargano - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1403
Bénédiction de la première chapelle
milieu XVIe siècle
Reconstruction de la chapelle
1791
Fermeture révolutionnaire
1974
Inscription aux monuments historiques
2009-2013
Réhabilitation des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façade et toiture sur rue ; décor des parties subsistantes du choeur de la chapelle des Orfèvres situées à l'arrière de l'immeuble : inscription par arrêté du 12 avril 1974

Personnages clés

Germain Pilon - Sculpteur Auteur des statues et du maître-autel.
Jean Cousin l'Ancien - Peintre et dessinateur Cartons des vitraux exécutés par Aubry.
Jacques Aubry - Maître-verrier Réalisateur des vitraux (1557-1558).
François de la Flasche et Jean Marchand - Maîtres-maçons Architectes de la reconstruction (1550).
Denise Maraitz - Bienfaitrice Finança partiellement les travaux (1553).

Origine et histoire

La chapelle Saint-Éloi, dite « chapelle des orfèvres », fut fondée au début du XVe siècle à Paris, dans l’enceinte de l’ancien « hôtel des Trois-Degrés », rue des Deux-Portes (actuelle rue des Orfèvres). Bénie en 1403, elle servait de lieu de culte pour la confrérie Saint-Éloi, corporation des orfèvres parisiens, et abritait un hôpital pour les pauvres de la profession. Ses privilèges, confirmés par un décret apostolique en 1406, lui permirent de rivaliser avec l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, dont elle dépendait paroissialement. La chapelle initiale, construite en bois, fut remplacée par des bâtiments en pierre au milieu du XVIe siècle, marquant son apogée architecturale et artistique.

La reconstruction de la chapelle au XVIe siècle, achevée en 1566, fut confiée aux maîtres-maçons François de la Flasche et Jean Marchand, bien qu’une attribution ancienne (non documentée) l’associe à Philibert Delorme. Son décor somptueux incluait des sculptures de Germain Pilon, des vitraux de Jacques Aubry d’après Jean Cousin l’Ancien, et un autel en pierre de Senlis orné de marbre de Gênes. Financée par des emprunts, dont 450 livres auprès de la veuve d’un orfèvre, Denise Maraitz, la chapelle incarnait le prestige de la corporation, protégée par les monarques dont les armes ornaient voûtes et portail.

La chapelle survécut à la reconstruction des bâtiments corporatifs au XVIIIe siècle, mais fut supprimée en 1791 après l’abolition des corporations pendant la Révolution. Vendue comme bien national en 1797, elle fut transformée en dépôt puis en école, perdant la plupart de ses décors. Seuls quelques éléments, comme des colonnes, des plaques de marbre noir, et des vestiges de la façade (pilastres toscans, niches cintrées) subsistent aujourd’hui. Ces derniers, inscrits aux monuments historiques en 1974, furent réhabilités entre 2009 et 2013 pour en améliorer la lisibilité.

Architecturalement, la chapelle suivait un plan traditionnel avec une nef voûtée en berceau, un chœur en cul-de-four, et une façade antiquisante inspirée de Serlio, typique de la Seconde Renaissance française. Son portail occidental, initialement surmonté d’un fronton triangulaire, donnait sur la rue des Orfèvres. À l’intérieur, quatre autels latéraux encadrés de colonnes corinthiennes supportaient des statues des Douze Apôtres, tandis qu’une clôture en chêne de Montargis, ornée d’un tabernacle et de statues, séparait la nef du chœur. Les vitraux, aujourd’hui disparus, illustraient des scènes bibliques en juxtaposant Ancien et Nouveau Testament.

Symbole de la puissance des orfèvres parisiens, la chapelle Saint-Éloi bénéficia de la protection royale, comme en témoignent les armes du roi sculptées aux côtés de celles de la corporation. Son orgue, transféré au XIXe siècle, et ses tableaux (copies d’œuvres de Bassano et Maratta) disparurent progressivement. Les vestiges actuels, bien que fragmentaires, offrent un rare exemple de l’art religieux corporatif de la Renaissance, mêlant influences italianisantes et tradition française. Leur préservation permet d’évoquer l’importance des confréries dans la vie sociale et religieuse de Paris à l’époque moderne.

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