Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Duras dans le Lot-et-Garonne

Lot-et-Garonne

Château de Duras

    239 Allée des Micocouliers
    47120 Duras

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
977
Première mention de Saint-Ayrard
1308
Reconstruction par Bertrand de Got
1377
Incendie du château
1453
Saisie par Louis XI
1476
Restitution à Gaillard IV
1609
Jacques Henri, 1er duc de Duras
1793
Vente comme bien national
1970
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Bertrand de Got - Seigneur de Duras, neveu de Clément V Reconstruit le château en 1308.
Gaillard II de Durfort - Seigneur de Duras, baron traître Château incendié en 1377.
Jeanne d’Albret - Reine de Navarre, protestante Séjourna au château pendant guerres.
Jacques Henri de Durfort - 1er duc de Duras, maréchal Transforma le château au XVIIe.
Jean-Baptiste de Durfort - 3e duc de Duras, maréchal Agrandit le petit château au XVIIIe.
Amédée-Bretagne-Malo de Durfort - 6e duc de Duras, dernier propriétaire Rachète le château en 1807.

Origine et histoire

Le château de Duras, situé dans le département de Lot-et-Garonne, trouve ses origines au XIIe siècle, construit sur un piton rocheux dominant la vallée du Dropt. Il appartenait initialement à la famille de Bouville, avant de passer aux mains de Gaillard de Got, frère du pape Clément V, probablement par don du roi d'Angleterre. Ce site stratégique fut marqué par des conflits entre seigneurs gascons et autorités royales, notamment après la révolte de 1254 où Henri III confisqua les vicomtés voisines.

Au début du XIVe siècle, Bertrand de Got, neveu de Clément V, entreprit une reconstruction majeure du château à partir de 1308. La seigneurie de Duras changea plusieurs fois de mains via des héritages complexes, notamment après la mort sans descendance de Régine de Got en 1325, déclenchant des litiges avec les Durfort. Ces derniers obtinrent finalement Duras en 1327, grâce à un accord négocié entre le roi de France et le comte d’Armagnac. Le château devint alors un enjeu des rivalités franco-anglaises pendant la guerre de Cent Ans.

Pendant les XIVe et XVe siècles, les seigneurs de Durfort, comme Aymeric Ier ou Gaillard II, oscillèrent entre allégeance à la France et à l’Angleterre, subissant sièges et confiscations. En 1377, le duc d’Anjou incendia le château après la trahison de Gaillard II, mais la structure survécut. La famille de Durfort conservant Duras jusqu’à la Révolution, malgré des épisodes tumultueux comme la saisie du château par Louis XI en 1453, puis sa restitution en 1476. Le château fut aussi un bastion protestant pendant les guerres de Religion, abritant même Jeanne d’Albret.

Au XVIIe siècle, les ducs de Duras, dont Jacques Henri de Durfort, transformèrent la forteresse en demeure de plaisance, ajoutant des jardins à la française et reconstruisant les corps de logis. Le château connut son apogée architecturale sous le premier duc, marqué par des aménagements intérieurs somptueux. Après la Révolution, déclaré bien national, il fut pillé et partiellement démantelé, avant d’être racheté en 1807 par le dernier duc de Duras. Au XIXe siècle, il changea plusieurs fois de propriétaires avant d’être acquis par la commune de Duras en 1969, qui entreprit sa restauration.

Classé monument historique en 1970, le château de Duras se distingue par son quadrilatère flanqué de tours rondes, ses décors intérieurs des XVIIe et XVIIIe siècles, et ses terrasses en surplomb du Dropt. Aujourd’hui, il abrite un mobilier d’époque, restauré en collaboration avec le Mobilier national, évoquant son passé médiéval et son âge d’or sous les Durfort. Son histoire reflète les luttes de pouvoir en Aquitaine, entre seigneurs locaux, rois de France et d’Angleterre, et les transformations architecturales liées aux époques.

Liens externes