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Manoir de Kervaudu en Loire-Atlantique

Loire-Atlantique

Manoir de Kervaudu


    Le Croisic

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1900
2000
fin XVe siècle
Construction du manoir
1907-1930
Résidence de Ferdinand du Puigaudeau
1921
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Aubin Le Roy - Propriétaire protestant Premier propriétaire protestant connu au XVIe siècle.
René Gentilhomme - Sieur de Lespine et de Kervaudu Historiographe et poète royal exilé.
Ferdinand du Puigaudeau - Peintre postimpressionniste Résident et artiste du manoir.
Odette du Puigaudeau - Ethnologue Fille de Ferdinand, y a passé son enfance.

Origine et histoire

Le manoir de Kervaudu est une gentilhommière située sur la commune du Croisic, en Loire-Atlantique, dans les Pays de la Loire. Construit à la fin du XVe siècle, il se distingue comme le premier manoir breton classé au titre des monuments historiques en 1921. Son nom, signifiant « domaine de l'homme noir », évoque une origine mystérieuse, tandis que son emplacement isolé, à 300 mètres du bourg, reflète son caractère rural et préservé.

Au XVIe siècle, le manoir appartient à Aubin Le Roy, l’un des premiers protestants du Croisic, dans une région où les tensions religieuses marquent l’époque. Il passe ensuite à la famille Gentilhomme, dont René, sieur de Lespine et de Kervaudu, se fait remarquer pour ses prédictions sur la naissance de Louis XIV. Historiographe de Gaston d’Orléans et poète royal, il meurt exilé en Hollande en 1670, sans avoir renié sa foi protestante. Ce lien avec la cour de France et les cercles intellectuels ajoute une dimension politique et culturelle à l’histoire du lieu.

Vendu comme bien national pendant la Révolution française, le manoir est transformé en ferme au XIXe siècle, perdant partiellement son prestige aristocratique. Au début du XXe siècle, il devient la résidence de Ferdinand du Puigaudeau, peintre postimpressionniste de l’école de Pont-Aven, qui l’immortalise dans de nombreuses toiles entre 1907 et 1930. Sa fille, l’ethnologue Odette du Puigaudeau, y grandit, associant définitivement le manoir à l’histoire artistique et intellectuelle de la région.

Aujourd’hui, le manoir de Kervaudu incarne à la fois un patrimoine architectural breton, un témoignage des conflits religieux des XVIe et XVIIe siècles, et un lieu d’inspiration pour les arts. Son classement précoce en 1921 souligne son importance historique, tandis que son occupation par des figures comme du Puigaudeau en fait un symbole de la transition entre noblesse terrienne et modernité artistique.

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