Manoir de Venevelles à Luché-Pringé dans la Sarthe

Patrimoine classé Demeure seigneuriale Manoir

Manoir de Venevelles

  • Venevelles 
  • 72800 Luché-Pringé
Manoir de Venevelles
Manoir de Venevelles
Manoir de Venevelles
Manoir de Venevelles
Manoir de Venevelles
Manoir de Venevelles
Manoir de Venevelles
Manoir de Venevelles
Manoir de Venevelles
Manoir de Venevelles
Crédit photo : Sropi - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
Fin du XVe siècle
Construction du logis
Début du XVIe siècle
Ajout de la chapelle
1654
Érection en marquisat
1799
Vente comme bien national
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble des bâtiments et des sols du manoir ; ensemble délimité à l'Est, au Sud et à l'Ouest par les douves, au Nord par les bâtiments de ferme (cad. D 401, 402, 404) : inscription par arrêté du 21 janvier 1963

Personnages clés

Algerius de Venevelles Moinie de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers et propriétaire du domaine au XIe siècle.
Herbert d'Espaigne Membre de la famille d'Espaigne attesté à la fin du XIIIe siècle.
Henri-Paul d'Espaigne Gentilhomme de la Chambre du roi et gouverneur de Belfort, contribua à l'essor de Venevelles.
Suzanne Le Vasseur Épouse d'Henri-Paul d'Espaigne, contribua aux transformations du logis.
Norbert Dufourcq Musicologue et organiste, mena des travaux de restauration et fit inscrire le château comme monument historique.

Origine et histoire du Manoir de Venevelles

Le manoir de Venevelles, également appelé château de Venevelles, est situé à Luché-Pringé dans la Sarthe et trouve ses principales caractéristiques architecturales à la fin du XVe siècle. L'implantation du site remonte au XIe siècle dans la vallée de l'Aune, au pied d'une colline boisée, et la seigneurie fut reconstruite après la guerre de Cent Ans par la famille d'Espaigne. Situé aux confins du Maine, de l'Anjou et de la Touraine, le domaine occupe un emplacement stratégique en bord de rivière et le long d'une voie romaine reliant Saint-Jean-de-la-Motte au Lude, défendant l'accès à la vallée du Loir. Le toponyme Venevelles provient du gaulois verna, « aulne », et de val, « vallée », en référence à la présence de la rivière Aune. À la fin du XIe siècle la terre appartenait à Algerius de Venevelles, moine de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, puis la seigneurie passa à la famille d'Espaigne dont Herbert est attesté à la fin du XIIIe siècle. Les d'Espaigne possédèrent le domaine jusqu'à la Révolution et entreprirent la reconstruction du château après la guerre de Cent Ans. Au XVIIe siècle Henri-Paul d'Espaigne, gentilhomme de la Chambre du roi et gouverneur de Belfort, contribua à l'essor de Venevelles ; la terre fut érigée en marquisat en sa faveur en 1654. Marié à Suzanne Le Vasseur, héritière des seigneurs de Cogners, il fit de Venevelles un centre actif du calvinisme en Anjou et envoya ses enfants étudier à l'académie de Saumur ; la tour sud-est porte encore le surnom de « Huguenotière ». Le couple transforma profondément le logis de la fin du XVe siècle : ils firent remanier les intérieurs, créèrent un étage noble à grande hauteur sous plafond, firent édifier un escalier d'honneur et aménagèrent l'accès au parc par un pont-levis. Ils firent construire notamment le pavillon sud daté de 1652, et les travaux se poursuivirent après la mort du marquis sous la conduite de Suzanne Le Vasseur. L'activité protestante se maintint au domaine, ce qui provoqua l'occupation du château par les dragons du roi en 1686. Au XVIIIe siècle les membres de la famille d'Espaigne servirent dans les armées et certains furent faits chevaliers de l'Ordre de Saint-Louis ; à la Révolution Henri-Jacques d'Espaigne émigra et le château fut vendu comme bien national en 1799. Le domaine changea ensuite plusieurs fois de propriétaires au XIXe et au début du XXe siècle : il fut acquis en 1807 par Armand Constant Lebaigue, puis transmis ou vendu à divers propriétaires avant d'être acheté en 1926 par le peintre japonais Toyosaku Saïto. En 1955 le musicologue et organiste Norbert Dufourcq devint propriétaire ; il mena avec son épouse d'importants travaux de restauration et fit inscrire le château au titre des monuments historiques le 21 janvier 1963. Dufourcq, qui publia ses recherches locales, reste la principale source d'information sur la seigneurie de Venevelles. Le manoir occupe le fond d'une vallée orientée est-ouest, à la confluence de l'Aune et de son affluent le Casseau, et il est entouré de larges douves alimentées par la rivière, dont le niveau était régulé par un moulin en amont. Le système de défense associe un double plan d'eau composé des douves et du cours de la rivière, la configuration ayant sans doute été modifiée au haut Moyen Âge par le déplacement du lit de l'Aune ; au début du XIXe siècle les branches nord des douves et de la rivière furent comblées selon les cadastres. Aucun vestige du château primitif n'a été conservé dans l'édifice actuel, dont la construction principale remonte à la fin du XVe siècle. Le logis central, édifié entre 1460 et 1480, est disposé en équerre et encadré par deux tourelles aux orientations nord-ouest et sud-est ; deux bâtiments annexes ajoutés au début du XVIe siècle comprennent une chapelle bénie en 1503 par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, pourvue de deux voûtes d'ogive de style Plantagenêt. Les quatre pavillons d'angle datent des XVIe et XVIIe siècles ; au nord du logis, la ferme du XVIe siècle forme un long corps accosté de deux pavillons d'angle. L'entrée principale, autrefois pourvue d'un pont-levis, est datée de 1720 et a remplacé une poterne du XVe siècle ; un second portail construit en 1657, qui sépare la cour d'honneur d'un parc à la française, porte sur ses piliers les initiales de Paul-Henri d'Espaigne et de Suzanne Le Vasseur. Plusieurs sources mentionnent enfin l'existence d'un réseau de galeries souterraines, dont l'une aurait pu relier Venevelles au château de la Grifferie, également situé sur la commune.

Liens externes