Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Minoterie de Saint-Barthélemy à Salernes dans le Var

Minoterie de Saint-Barthélemy

    2 Rue des Moulins
    83690 Salernes
Propriété privée

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1880
Acquisition par Eugène Léotard Lèbre
1928-1931
Transformation en minoterie industrielle
1955
Fermeture définitive
2018
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La minoterie de Saint-Barthélemy en totalité, avec l'ensemble de ses machines, située rue des Moulins, sur la parcelle n°900 figurant au cadastre section AI, telle que délimitée en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 22 octobre 2018.

Personnages clés

Eugène Léotard Lèbre - Propriétaire et modernisateur Acquiert et équipé les moulins en 1880.
Fernand Lèbre - Transformateur en minoterie industrielle Dirige les travaux de 1928 à 1931.
Teisset Rose Brault - Fournisseur de machinerie Société spécialisée ayant équipé la minoterie.

Origine et histoire

La minoterie de Saint-Barthélemy trouve ses origines en 1880, lorsque Eugène Léotard Lèbre, déjà propriétaire du moulin de l'Iscles à Salernes, acquiert deux moulins traditionnels du village : le moulin du milieu et le plus bas moulin. Il les modernise en y installant des turbines et des machines, marquant une première étape vers la mécanisation. Ces moulins, initialement équipés de meules, fonctionnaient grâce à la force hydraulique, typique des installations préindustrielles de la région.

En 1928, son fils Fernand Lèbre entreprend une transformation radicale du plus bas moulin, alors fermé depuis peu. Les travaux incluent la surélévation du bâtiment, la construction de silos en béton, et l’ajout d’une passerelle métallique reliant le magasin à farine situé de l’autre côté de la rue. Ces aménagements visent à adapter l’édifice aux standards industriels émergents, avec une machinerie commandée à la société Teisset Rose Brault, spécialiste en équipements de meunerie.

La minoterie rouvre en 1931 avec une capacité de production accrue (75 quintaux par 24h, contre 50 auparavant), grâce à l’intégration de technologies innovantes comme les broyeurs et les plansichters. Ces machines, généralisées en France avant la Seconde Guerre mondiale, permettent une production plus fine et compétitive de farine. L’usine, d’envergure moyenne, illustre la transition entre l’artisanat meunier traditionnel et l’industrialisation du secteur.

L’exploitation cesse en 1955, et le droit de mouture est racheté en 1963 par la Caisse professionnelle de l’industrie meunière. Peu après, l’usine est déconnectée du canal qui l’alimentait en énergie hydraulique. Depuis sa fermeture, la minoterie est restée intacte, conservant l’intégralité de ses machines disposées sur trois niveaux. Ce état de préservation exceptionnel en fait un témoignage rare des procédés de fabrication mécanisée de la farine au XXe siècle.

Classée Monument Historique en 2018, la minoterie de Saint-Barthélemy inclut dans sa protection l’ensemble du bâtiment, ses machines, et ses aménagements extérieurs (silos, passerelle). Son architecture hybride, mêlant structure ancienne et extensions industrielles, reflète les adaptations successives d’un site de production aux exigences économiques de son époque.

Liens externes