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Monument aux morts intitulé l'Ame de la France, situé à Hell-Bourg

Monument aux morts intitulé l'Ame de la France, situé à Hell-Bourg

    3 Rue Andre Fontaine
    97433 Salazie
Propriété de la commune
Monument aux morts intitulé lAme de la France, situé à Hell-Bourg
Monument aux morts intitulé lAme de la France, situé à Hell-Bourg
Monument aux morts intitulé lAme de la France, situé à Hell-Bourg
Monument aux morts intitulé lAme de la France, situé à Hell-Bourg
Monument aux morts intitulé lAme de la France, situé à Hell-Bourg

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1921
Création du modèle en plâtre
1930
Réalisation de la version bronze
1931
Installation à Salazie
1941
Destruction à la dynamite
1948
Chute due au cyclone
5 mai 2004
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le monument aux morts, y compris son socle, en totalité (cad. BC 274) : classement par arrêté du 5 mai 2004

Personnages clés

Carlo Sarrabezolles - Sculpteur Auteur des trois versions (plâtre, pierre, bronze).
Lucien Gasparin - Député de La Réunion Commanditaire de la statue en 1931.
Gabriel Bourasseau - Curé de Salazie Responsable de sa destruction en 1941.
Roland Garros - Aviateur réunionnais Symbole des soldats honorés.

Origine et histoire

« L'Âme de la France » est une sculpture monumentale en bronze réalisée par le sculpteur français Carlo Sarrabezolles en 1930. D’une hauteur de 3,20 mètres, elle représente une guerrière casquée aux seins nus, levant les bras vers le ciel : sa main droite tient une gerbe de fleurs, tandis que son poing gauche serre un bouclier. Cette allégorie symbolise la victoire de la France et rend hommage aux soldats morts pendant la Première Guerre mondiale, dont les Réunionnais comme l’aviateur Roland Garros. La posture en « V » et les détails réalistes (tresses, jupe drapée) contrastent avec sa nudité partielle, source de polémique.

La statue fut commandée en 1931 par le député Lucien Gasparin pour la commune de Salazie, où elle fut d’abord installée devant la mairie, face à l’église. Le curé Gabriel Bourasseau, choqué par sa nudité, organisa sa destruction à la dynamite en 1941, brisant ses bras. Les débris furent cachés derrière un salon de coiffure avant d’être ressoudés en 1946. Déplacée à Hell-Bourg, elle fut à nouveau renversée par le cyclone de 1948, puis oubliée face contre terre pendant vingt ans avant sa redécouverte en 1968.

Réhabilitée comme monument aux morts en 1974, la statue fut classée aux Monuments historiques en 2004. Aujourd’hui située à l’entrée d’Hell-Bourg (coordonnées : 21°03'52"S, 55°31'18"E), elle trône sur un socle en fonte, entourée d’un jardin commémoratif. Les paroissiens l’assimilent à Jeanne d’Arc, et son histoire tumultueuse — entre destruction, abandon et reconnaissance — reflète les tensions politico-religieuses de La Réunion au XXe siècle. Son créateur, Carlo Sarrabezolles, s’inspira de son expérience de la Grande Guerre pour concevoir cette œuvre, première d’une série de statues aux bras levés.

Le modèle original en plâtre (1921, médaille d’argent au Salon des artistes français) est conservé à l’Historial de Péronne, tandis que la version en pierre (1922, prix National) se trouve au musée Sainte-Croix de Poitiers. La version réunionnaise, en bronze, est la seule installée en extérieur. Son socle fait actuellement l’objet d’un projet de rénovation piloté par l’écomusée de Salazie, avec le soutien de la DRAC. Le monument incarne aujourd’hui le patrimoine mémoriel et artistique de l’île, entre héritage colonial et identité locale.

Liens externes