Ouverture au public 1975 (≈ 1975)
Forum entièrement dégagé
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Frédéric Paul Thiers - Conservateur du musée de Narbonne
Fouilles du forum (1908-1914)
Georges Claustres - Archéologue
Exploration des silos (1946-1968)
Rémi Marichal - Archéologue municipal
Fouilles de l’habitat romain (1975-1991)
François Fontés et Jean-Michel Willmote - Architectes
Conception du musée actuel
Origine et histoire
Le site de Ruscino, identifié au XVIIe siècle comme l’ancienne cité de Château-Roussillon près de Perpignan, a fait l’objet de fouilles dès le XVIIIe siècle. Les premières découvertes significatives datent de 1908-1914, lorsque Frédéric Paul Thiers, conservateur du musée de Narbonne, met au jour les fondations du forum et des inscriptions sur marbre. Les recherches, interrompues jusqu’en 1946, reprennent sous la direction de Georges Claustres, qui explore plus d’une centaine de silos souterrains utilisés comme réserves à céréales puis comme dépotoirs, révélant de nombreux objets archéologiques. Entre 1946 et 1968, Claustres fouille également les terrains entourant le forum, enrichissant les connaissances sur cette cité antique.
À partir de 1972, les recherches s’intensifient sous l’impulsion de la Direction régionale des antiquités. En 1973, le site est acquis conjointement par la Ville de Perpignan et l’État pour être protégé et étudié. Deux ans plus tard, les vestiges du forum, entièrement dégagés, sont ouverts au public pour la première fois. De 1975 à 1991, Rémi Marichal, archéologue municipal, dirige un chantier de fouilles couvrant plus de 3 000 m2, révélant un habitat romain marqué par des demeures de style italique, des thermes et des objets du quotidien (céramiques, verreries). Ces découvertes illustrent l’apogée de Ruscino, devenue une oppidum latinorum sous César, avant son déclin inexpliqué à la fin du Ier siècle après J.-C.
Les fouilles se poursuivent au fil des décennies, avec des opérations préventives entre 1991 et 1997 localisant notamment la nécropole périphérique. De 2000 à 2002, une fouille de sauvetage sur l’emplacement du futur parking du musée révèle des vestiges datant du Bronze final au premier âge du Fer. En 2008, une campagne menée avec l’Université de Toulouse étudie les niveaux de destruction du forum et une occupation du haut Moyen Âge, marquée par la découverte exceptionnelle de sceaux en plomb à inscriptions coufiques, témoignant de l’occupation arabe au VIIIe siècle. Aujourd’hui, les recherches combinent fouilles traditionnelles et techniques non invasives pour affiner la compréhension de ce site stratégique, situé sur la via Domitia et marqué par des influences ibères, romaines et musulmanes.
La cité de Ruscino, chef-lieu de la plaine du Roussillon à l’époque antique, connaît son essor dès le VIIe siècle avant J.-C. avec un habitat sédentaire et des échanges commerciaux attestés par des céramiques étrusques et grecques. La romanisation, effective au milieu du Ier siècle avant J.-C., transforme la trame urbaine et introduit des éléments typiquement romains (forum, thermes, écriture latine). Après son apogée sous Auguste, la cité décline mystérieusement à la fin du Ier siècle après J.-C., bien que des traces d’occupation persistent jusqu’au haut Moyen Âge. Au VIIIe siècle, Ruscino joue un rôle dans la conquête arabe de Narbonne, comme en témoignent les sceaux coufiques récemment découverts. L’abandon définitif du site au profit de Perpignan intervient à l’époque carolingienne, ne laissant subsister que le hameau de Château-Roussillon.
Le musée actuel, conçu par les architectes François Fontés et Jean-Michel Willmote, intègre les vestiges du forum et propose un parcours mettant en valeur les découvertes archéologiques. Son belvédère offre une vue panoramique sur Perpignan et la plaine du Roussillon, soulignant le lien entre ce site historique et son environnement méditerranéen. Le projet muséographique, initié dans les années 1980 par Rémi Marichal avec le soutien de la municipalité, vise à préserver et valoriser ce patrimoine unique, où se croisent influences ibères, romaines et arabes.