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Muséum d’histoire naturelle à Troyes dans l'Aube

Muséum d’histoire naturelle

    1 Rue Chrestien de Troyes
    10000 Troyes

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1802
Cession à la ville de Troyes
6 janvier 1833
Ouverture au public
Fin du XVIIIe siècle
Fondation des premières collections
20 janvier 1967
Cession définitive à la ville
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

François Serqueil (1768-1814) - Médecin et conservateur Fonda les premières collections, mort en 1814.
Louis-Marie-Athanase de Loménie, comte de Brienne (1730-1794) - Collectionneur guillotiné Son cabinet enrichit les collections initiales.
Charles Plumier (1646-1704) - Botaniste de Louis XIV Auteur d’un herbier conservé au musée.

Origine et histoire

Le Muséum d’histoire naturelle de Troyes trouve ses origines à la fin du XVIIIe siècle, durant la Révolution française. Ses premières collections sont constituées par des professeurs de l’école centrale de l’Aube, dont le docteur François Serqueil (1768-1814), qui enseigne la botanique et la zoologie. Les objets proviennent du Muséum national d’Histoire naturelle, de l’École des Mines de Paris, ainsi que des vestiges du cabinet du comte de Brienne, guillotiné en 1794. Ce dernier, Louis-Marie-Athanase de Loménie, avait réuni dans son château de Brienne un cabinet d’histoire naturelle, de physique et une bibliothèque. À la dissolution de l’école centrale en 1802, les collections sont cédées à la ville de Troyes et confiées au Lycée, future Société Académique de l’Aube, avec Serqueil comme conservateur.

En 1814, une bombe incendiaire détruit une partie des collections lors de la campagne de France, et le docteur Serqueil meurt du typhus en soignant des soldats. Le musée sombre alors dans l’oubli jusqu’en 1826, lorsque la Société Académique de l’Aube relance les collectes. En 1829, les collections de botanique, zoologie et géologie sont réunies, enrichies par des dons et des objets sauvés du premier musée. En 1831, le musée quitte la préfecture pour s’installer dans l’ancienne abbaye Saint-Loup, et ouvre officiellement au public le 6 janvier 1833 sous le nom de Cabinet d’Histoire Naturelle. Il devient un lieu d’enseignement, accueillant des cours hebdomadaires.

Au XIXe siècle, les collections s’enrichissent grâce aux dons de naturalistes amateurs, souvent membres de sociétés savantes comme la Société Académique de l’Aube. Ces passionnés organisent des sorties sur le terrain, recensent des spécimens et publient des articles, contribuant à l’expansion des collections. Le 20 janvier 1967, la Société Académique cède l’intégralité des collections — près d’un demi-million de spécimens couvrant zoologie, botanique et géologie — à la ville de Troyes. Ces collections, constituées aux XIXe et XXe siècles, proviennent du monde entier, grâce à des collectes, achats ou échanges.

Parmi les raretés conservées figurent des espèces disparues comme le tigre de Java, le cerf de Corse ou le pigeon migrateur, ainsi que des pièces uniques en paléontologie, comme un humérus de ptérosaure géant de plus de sept mètres d’envergure, le plus grand découvert en France. L’herbier de Charles Plumier (1646-1704), botaniste de Louis XIV, et la collection de météorites, troisième de France par son importance, comptent parmi les joyaux du musée. Ces trésors scientifiques et historiques témoignent de l’essor des sciences naturelles à Troyes et de l’engagement des sociétés savantes locales.

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