Fondation présumée IIIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Création de l’oppidum, traces d’occupation
Fin IIᵉ siècle av. J.-C.
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure Fin IIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Remaniement complet du site
1967-1972
Première campagne de fouilles
Première campagne de fouilles 1967-1972 (≈ 1970)
Exploration voie d’accès et quartier nord-est
1990
Fouilles du sommet
Fouilles du sommet 1990 (≈ 1990)
Découverte espace cultuel présumé
2004
Classement monument historique
Classement monument historique 2004 (≈ 2004)
Protection officielle du site
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La parcelle BR 46 contenant les vestiges de l'oppidum : classement par arrêté du 28 avril 2004
Personnages clés
Jules César - Général romain
Responsable de sa destruction en -49
Louis Chabot - Archéologue
Dirigea les fouilles (années 1970-1990)
Posidonios - Voyageur et philosophe grec
Témoin des rites salyens vers 100 av. J.-C.
Origine et histoire
L'oppidum de la Cloche est un site archéologique majeur situé aux Pennes-Mirabeau, à la limite du Rove, dans les Bouches-du-Rhône. Implanté sur une butte du massif de la Nerthe, il contrôlait une voie antique reliant l’étang de Berre à Marseille. Fondé au IIIe siècle av. J.-C., il fut entièrement remanié au Ier siècle av. J.-C. avant d’être détruit en -49 lors du siège de Massilia par les troupes de Jules César. Son abandon marque la fin de son rôle stratégique dans la région, alors sous influence massaliote.
Les fouilles, initiées dans les années 1960 après des pillages clandestins antérieurs à 1946, ont révélé deux phases majeures. De 1967 à 1972, les archéologues ont exploré la voie d’accès, l’entrée fortifiée et le quartier nord-est. Une seconde campagne (à partir de 1972) a mis au jour un quartier d’habitation près de l’entrée, tandis que les années 1990 ont confirmé la présence d’un espace cultuel au sommet. Le site, classé monument historique en 2004, offre un exemple rare d’urbanisme protohistorique, avec des habitations en terrasses, des murs taillés dans la roche et deux accès distincts : un chemin abrupt défendu par une tour, et une crête sud-ouest protégée par un glacis.
Parmi les découvertes emblématiques figure une statue fragmentaire de guerrier assis (IIIe siècle av. J.-C.), similaire à celles de l’oppidum d’Entremont. Les fragments, incluant la tête et un bras orné d’une bague gravée, évoquent des rites guerriers salyens, comme les crânes humains exposés aux entrées pour intimider. Une citerne de 60 000 litres, enduite de mortier de chaux (une première pour un oppidum), et des outils ou armes complètent les vestiges. Ces éléments, exposés au Musée d’histoire de Marseille, témoignent d’une reconstruction tardive (fin IIe siècle av. J.-C.) peut-être liée à la menace des Cimbres et Teutons en 101 av. J.-C., avant l’abandon définitif vers -50.
Le site illustre la transition entre l’âge du fer et la romanisation, durant une période charnière où Marseille dominait la région. Sa destruction coïncide avec la chute de Massilia, marquant la fin des oppida indépendants sous contrôle massaliote. Les fouilles de Louis Chabot, couvrant près de la moitié du site, ont révélé une fortification ponctuée de tours carrées et d’un avant-mur, ainsi qu’un réseau de rues en escalier adapté à la pente. L’oppidum, propriété communale, reste un témoignage exceptionnel de l’architecture et des pratiques culturelles salyennes avant la conquête romaine.
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