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Palais épiscopal de Soissons dans l'Aisne

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Palais épiscopal
Aisne

Palais épiscopal de Soissons

    Place de Mantoue
    02200 Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Palais épiscopal de Soissons
Crédit photo : Havang(nl) - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
1125
Première mention écrite
fin XIIe siècle
Construction de la tourelle
1321
Chapelle haute Saint-Louis
1722
Réaménagement pour Louis XV
1791
Destruction des chapelles
1793
Morcellement révolutionnaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour : classement par arrêté du 16 août 1922

Personnages clés

Lisiard de Crépy - Évêque de Soissons (début XIIe siècle) Mentionne l’ancienne demeure épiscopale en 1118.
Nivelon de Quierzy - Évêque (1176–1207) Cède un terrain pour le transept sud.
Gérard de Courtonne - Évêque (1313–1331) Fonde la chapelle haute Saint-Louis en 1321.
Simon Legras - Évêque (1624–1656) Lance un projet de reconstruction en 1636.
Languet de Gergy - Évêque (1715–1730) Réaménage le palais pour Louis XV.
Claude Marolles - Évêque révolutionnaire (1791) Ordone la destruction des chapelles épiscopales.

Origine et histoire

Le palais épiscopal de Soissons, mentionné pour la première fois en 1125, était initialement situé dans l’angle sud-ouest du castrum, au sud de la cathédrale. Son emplacement, attesté jusqu’à la Révolution, résultait d’un partage du terrain entre le chapitre et l’évêque, probablement formalisé au XIe siècle après l’abandon d’une demeure épiscopale plus ancienne, située près de l’actuelle rue de la Buerie. Ce premier site, évoqué dans un parchemin de 1118 et confirmé par des historiens locaux comme Nicolas Berlette (XVIe siècle), était proche de la Porte l’Évêque et d’un cours d’eau nommé Crise, utilisé pour le blanchissage.

La construction médiévale la plus ancienne encore partiellement visible est une tourelle de la fin du XIIe siècle, étayée au XIIIe siècle, située à l’est de l’actuelle place Mantoue. Cette tour, édifiée hors des remparts du Bas-Empire, témoigne de l’extension des fortifications de la ville. L’évêque Nivelon de Quierzy (1176–1207) cède alors une portion de terrain à la cathédrale pour construire le bras sud du transept et une chapelle attenante, peut-être destinée à un usage épiscopal. La chapelle basse, mentionnée en 1296 dans le testament de Gui de la Charité, et la chapelle haute, fondée en 1321 par Gérard de Courtonne en l’honneur de Saint Louis, disparaîtront en 1791.

Entre le XVe et le XVIIIe siècle, le palais subit des transformations majeures. Saccagé pendant les guerres civiles du XVe siècle, il est progressivement restauré, notamment par l’évêque Jean Milet (1442–1503). Au XVIIe siècle, Simon Legras (1624–1656) lance un projet de reconstruction ambitieux, dont seule une partie est réalisée (bâtiment en brique et pierre daté de 1638). Mgr Languet de Gergy (1715–1730) inverse l’organisation des espaces en 1722 pour accueillir Louis XV, créant une nouvelle entrée ouest et un corps de logis neuf. Les aménagements se poursuivent sous Mgr de Bourdeilles (1764–1801) pour le passage de Marie-Antoinette en 1770.

La Révolution marque un tournant : le palais est confisqué en 1791, ses chapelles détruites, et la propriété morcelée en 13 lots en 1793. Une partie des bâtiments devient place publique (place Mantoue), tandis que les vestiges restants, endommagés par les guerres du XIXe et XXe siècles, abritent successivement une bibliothèque, une halte-garderie, puis un parking. L’évêché est définitivement transféré en 1906, scellant la fin de sa fonction originelle.

Les sources archéologiques et textuelles (aquarelle de 1791, témoignages des chanoines Cabaret et Dormay) révèlent une architecture hétéroclite, mêlant éléments médiévaux (tour, salles basses) et classiques (galeries, pavillons). Les bombardements de 1914–1918 détruisent une aile, ne laissant subsister qu’une partie des communs et des jardins, aujourd’hui intégrés au paysage urbain.

Liens externes