Fondation du prieuré 1194 (≈ 1194)
Création par Geoffroy Ostoir au retour de croisade.
XVe siècle
Déclin monastique
Déclin monastique XVe siècle (≈ 1550)
Remplacement des moines par un régisseur civil.
1607
Transfert aux Jésuites
Transfert aux Jésuites 1607 (≈ 1607)
Intégration au collège royal de La Flèche.
1762
Expulsion des Jésuites
Expulsion des Jésuites 1762 (≈ 1762)
Passage aux Pères de la Doctrine Chrétienne.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1791 (≈ 1791)
Séparation église/prieuré et démantèlement partiel.
2000
Rachat et restaurations
Rachat et restaurations 2000 (≈ 2000)
Début des travaux de conservation par des particuliers.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de la Jaillette : inscription par arrêté du 17 juillet 1926 ; Façades et toitures du prieuré ; salle capitulaire ; restes du cloître (cad. B 562) : inscription par arrêté du 12 février 1976
Personnages clés
Geoffroy Ostoir - Fondateur et chevalier
Crée le prieuré en 1194 après la troisième croisade.
Henri IV - Roi de France
Négocie le transfert aux Jésuites en 1607.
André Sarazin - Auteur et militant patrimonial
Alerte sur l'état du prieuré en 1971.
Origine et histoire
Le prieuré de la Jaillette, situé à Louvaines en Maine-et-Loire, est fondé en 1194 par le chevalier Geoffroy Ostoir à son retour de la troisième croisade. Il est confié aux moines augustins de l'abbaye du Mélinais, qui y envoient six religieux pour construire un monastère organisé selon un plan cistercien atypique : église au nord, salle capitulaire et dortoir à l'est, réfectoire au sud, et un cloître central à quatre travées. Cette disposition inhabituelle pour un prieuré lui vaut le surnom d'« abbaye de la Jaillette ». Les bâtiments conservent des traces de fresques médiévales et des tombes dans la salle capitulaire, révélées par des sondages archéologiques.
Au XVe siècle, la baisse des vocations monastiques pousse l'abbaye du Mélinais à remplacer les moines par un régisseur civil. Ce dernier modifie l'aile sud en ajoutant un étage au-dessus du réfectoire et une tour de défense abritant un escalier à vis. En 1607, le prieuré passe aux Jésuites du collège royal de La Flèche, après négociation entre Henri IV et le pape. Il reste leur propriété jusqu’à leur expulsion en 1762, puis est transmis aux Pères de la Doctrine Chrétienne.
Lors de la Révolution, le prieuré est réquisitionné : l'église devient propriété communale, tandis que le reste est vendu comme bien national. Un mur est érigé dans le cloître, démantelé en partie pour récupérer ses pierres. Transformé en exploitation agricole au XIXe siècle, le site tombe en ruine jusqu’à ce qu’André Sarazin alerte sur son état en 1971. Rachété en 2000 par des particuliers, il fait depuis l’objet de restaurations. L’église et les vestiges du cloître sont inscrits aux Monuments Historiques en 1926 et 1976.
L’église, partiellement romane (XIe siècle pour la chapelle originelle), conserve des peintures murales des XIIe et XVIe siècles. Le cloître, l’un des trois exemplaires romans subsistant en Pays de la Loire, a perdu une partie de ses arcades, mais des éléments ont été récupérés et réintégrés lors des restaurations. Le logis prioral, remanié aux XVIe et XVIIIe siècles, présente une façade renaissance et une tour d’escalier octogonale. À l’ouest, un mur clôturait autrefois l’espace réservé aux convers, aujourd’hui disparu.
Le prieuré illustre les évolutions architecturales et religieuses de l’Anjou, marqué par les croisades, la Réforme catholique, et les bouleversements révolutionnaires. Son plan hybride, entre prieuré et abbaye, et ses transformations successives en font un témoignage rare de l’histoire monastique régionale. Les fouilles et restaurations récentes ont permis de retrouver des éléments structuraux et décoratifs, offrant un aperçu de la vie monastique médiévale et moderne.
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