Construction de la chapelle Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Édifice roman à vaisseau unique.
1429
Mort de Thibaud Chabot
Mort de Thibaud Chabot 1429 (≈ 1429)
Prieur commendataire tué à Orléans.
Fin XIVe siècle
Rénovation gothique
Rénovation gothique Fin XIVe siècle (≈ 1495)
Voûtement et modification des fenêtres.
1664
Contribution de Gabriel des Noues
Contribution de Gabriel des Noues 1664 (≈ 1664)
Financement partiel du canal de Maillé.
1721
Sécularisation de Nieul-sur-l’Autise
Sécularisation de Nieul-sur-l’Autise 1721 (≈ 1721)
Fin de la tutelle abbatiale.
1792
Refuge de l’abbé Dessein
Refuge de l’abbé Dessein 1792 (≈ 1792)
Curé réfractaire caché dans la chapelle.
29 juillet 1796
Vente comme bien national
Vente comme bien national 29 juillet 1796 (≈ 1796)
Acquis par Philippe Esgonnière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Thibaud Chabot - Prieur commendataire et seigneur
Mort en 1429 au siège d’Orléans.
Gabriel des Noues - Prieur commendataire et seigneur
Finança le canal de Maillé en 1664.
Abbé Dessein - Curé réfractaire
Se cacha dans la chapelle en 1792.
Origine et histoire
Le prieuré Notre-Dame de l’Angle, situé à Chantonnay en Vendée, était un établissement religieux médiéval dépendant de l’ordre des chanoines réguliers de saint Augustin. Fondé avant le XVe siècle, il est mentionné dans des sources anciennes comme le Grand-Gauthier sous le nom de Priorat us de Angulo, puis dans le cartulaire d’Alliot (1648) comme Prieuré-Cure de Notre Dame de Langle, placé sous le patronage de l’abbaye Saint-Vincent de Nieul-sur-l’Autise. À l’époque moderne, son bénéfice était estimé à 1 200 livres, et trois messes y étaient célébrées quotidiennement.
Au XVIIe siècle, le prieuré faisait partie des 343 prieurés du diocèse de Luçon, aux côtés de 8 abbayes et 182 cures. Peu documenté, il abritait probablement une petite communauté de chanoines dédiée à la prière, au travail agricole et au ministère pastoral. Seuls deux prieurs commendataires sont connus : Thibaud Chabot, seigneur de la Grève à Vouvant, mort en 1429 lors du siège d’Orléans, et Gabriel des Noues, seigneur de Beaumont, qui financa partiellement le canal de Maillé en 1664 et offrit ses armoiries au prieuré.
L’abbaye de Nieul-sur-l’Autise, dont dépendait le prieuré, fut sécularisée en 1721, et il est probable qu’aucun moine ne résidait plus à l’Angle à la veille de la Révolution. En 1792, la chapelle servit de refuge à l’abbé Dessein, curé réfractaire de Saint-Vincent-Puymaufrais, qui s’y cachait grâce à un souterrain et un mur creux. Vendue comme bien national en 1796 à Philippe Esgonnière, la propriété appartient aujourd’hui à la famille Thomas. La chapelle, seul vestige du prieuré, est intégrée à une exploitation agricole.
Architecturalement, la chapelle priorale Notre-Dame présente un plan rectangulaire typique du roman, avec un chevet plat et un vaisseau unique voûté en plein cintre. Construite à la fin du XIIe siècle, elle fut remaniée à la fin du XIVe siècle : les murs furent renforcés par des arcatures intérieures, et les fenêtres sud partiellement murées ou transformées en style gothique. Le pignon ouest, initialement percé d’un oculus, fut consolidé par des contreforts biais. Des traces de trois couches de peintures (appareil et motifs floraux) subsistent à l’intérieur.
Le site, situé sur un promontoire dominant la vallée du Petit Lay, était entouré de bâtiments conventuels aujourd’hui disparus, remplacés par une ferme. La chapelle, classée parmi les édifices romans de Vendée, est citée par les historiens locaux comme l’archiviste Delhommeau et l’auteur François Semur. Son histoire modeste reflète celle de nombreux petits prieurés ruraux, disparus ou transformés après la Révolution.