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Prieuré Notre-Dame de l'Angle aux Chanoines de Chantonnay en Vendée

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Prieuré

Prieuré Notre-Dame de l'Angle aux Chanoines de Chantonnay

    Le Bourg
    85110 Chantonnay

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Fin XIIe siècle
Construction de la chapelle
1429
Mort de Thibaud Chabot
Fin XIVe siècle
Rénovation gothique
1664
Contribution de Gabriel des Noues
1721
Sécularisation de Nieul-sur-l’Autise
1792
Refuge de l’abbé Dessein
29 juillet 1796
Vente comme bien national
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Thibaud Chabot - Prieur commendataire et seigneur Mort en 1429 au siège d’Orléans.
Gabriel des Noues - Prieur commendataire et seigneur Finança le canal de Maillé en 1664.
Abbé Dessein - Curé réfractaire Se cacha dans la chapelle en 1792.

Origine et histoire

Le prieuré Notre-Dame de l’Angle, situé à Chantonnay en Vendée, était un établissement religieux médiéval dépendant de l’ordre des chanoines réguliers de saint Augustin. Fondé avant le XVe siècle, il est mentionné dans des sources anciennes comme le Grand-Gauthier sous le nom de Priorat us de Angulo, puis dans le cartulaire d’Alliot (1648) comme Prieuré-Cure de Notre Dame de Langle, placé sous le patronage de l’abbaye Saint-Vincent de Nieul-sur-l’Autise. À l’époque moderne, son bénéfice était estimé à 1 200 livres, et trois messes y étaient célébrées quotidiennement.

Au XVIIe siècle, le prieuré faisait partie des 343 prieurés du diocèse de Luçon, aux côtés de 8 abbayes et 182 cures. Peu documenté, il abritait probablement une petite communauté de chanoines dédiée à la prière, au travail agricole et au ministère pastoral. Seuls deux prieurs commendataires sont connus : Thibaud Chabot, seigneur de la Grève à Vouvant, mort en 1429 lors du siège d’Orléans, et Gabriel des Noues, seigneur de Beaumont, qui financa partiellement le canal de Maillé en 1664 et offrit ses armoiries au prieuré.

L’abbaye de Nieul-sur-l’Autise, dont dépendait le prieuré, fut sécularisée en 1721, et il est probable qu’aucun moine ne résidait plus à l’Angle à la veille de la Révolution. En 1792, la chapelle servit de refuge à l’abbé Dessein, curé réfractaire de Saint-Vincent-Puymaufrais, qui s’y cachait grâce à un souterrain et un mur creux. Vendue comme bien national en 1796 à Philippe Esgonnière, la propriété appartient aujourd’hui à la famille Thomas. La chapelle, seul vestige du prieuré, est intégrée à une exploitation agricole.

Architecturalement, la chapelle priorale Notre-Dame présente un plan rectangulaire typique du roman, avec un chevet plat et un vaisseau unique voûté en plein cintre. Construite à la fin du XIIe siècle, elle fut remaniée à la fin du XIVe siècle : les murs furent renforcés par des arcatures intérieures, et les fenêtres sud partiellement murées ou transformées en style gothique. Le pignon ouest, initialement percé d’un oculus, fut consolidé par des contreforts biais. Des traces de trois couches de peintures (appareil et motifs floraux) subsistent à l’intérieur.

Le site, situé sur un promontoire dominant la vallée du Petit Lay, était entouré de bâtiments conventuels aujourd’hui disparus, remplacés par une ferme. La chapelle, classée parmi les édifices romans de Vendée, est citée par les historiens locaux comme l’archiviste Delhommeau et l’auteur François Semur. Son histoire modeste reflète celle de nombreux petits prieurés ruraux, disparus ou transformés après la Révolution.

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