Fondation du prieuré vers 1130 (≈ 1130)
Par Boson d’Allinges et Gaudemard de Lugrin
1289
Conflit avec Évian
Conflit avec Évian 1289 (≈ 1289)
Premières tensions juridictionnelles confirmées
1314
Pillage du chalet d’alpage
Pillage du chalet d’alpage 1314 (≈ 1314)
Conflit violent entre Meillerie et Évian
XIIIe siècle
Apogée du prieuré
Apogée du prieuré XIIIe siècle (≈ 1350)
Acquisition des droits de justice par Aymon II
1752
Sécularisation du prieuré
Sécularisation du prieuré 1752 (≈ 1752)
Passage à l’Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare
1803
Transformation en église paroissiale
Transformation en église paroissiale 1803 (≈ 1803)
Ajout d’une nef au XIXe siècle
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les éléments suivants de l'ancien prieuré, situé chemin de l'abbaye, sur la parcelle n° 1836 figurant au cadastre section OA : la tour-clocher, l'église, l'ancienne cuisine et l'ancien poêle en totalité, les façades et toitures du logis et de la tour d'habitation, les caves de l'aile est et de l'ancienne aile nord. Sont également inscrites les parcelles n° 1836 et 1856 à 1859 figurant au cadastre section OA : inscription par arrêté du 22 juin 2015
Personnages clés
Boson d’Allinges - Fondateur présumé
Cofondateur du prieuré vers 1130
Aymon II de Faucigny - Seigneur local
Cède les droits de justice au XIIIe siècle
Amédée IV de Savoie - Comte de Savoie
Soutien du prieuré au XIIIe siècle
Guérin Peillex - Curé au XVIIIe siècle
Dénonce l’abandon des bâtiments
Raymond Bondat - Prieur puis abbé
Devenu abbé d’Abondance vers 1258
Joseph Annibal Movilliat - Prieur et gouverneur
Dirige Meillerie de 1693 à 1718
Origine et histoire
Le prieuré de Meillerie, situé dans le village éponyme en Haute-Savoie, est un prieuré-fortifié fondé vers 1130 par Boson d’Allinges, Boson et Gaudemard de Lugrin, avec l’accord du comte Amédée de Maurienne. Occupé par des chanoines réguliers de saint Augustin, il est mentionné dès le XIIe siècle comme un centre religieux actif, lié aux abbayes d’Abondance et de Saint-Ours d’Aoste. Les premières structures incluaient une église et un bâtiment conventuel, tandis que son importance croît au XIIIe siècle avec l’acquisition des droits de justice sur Meillerie, Lugrin et Thollon, octroyés par Aymon II de Faucigny et Amédée IV de Savoie.
Au XIIIe siècle, le prieuré devient un centre administratif majeur pour la prévôté du Grand-Saint-Bernard, abritant des réunions capitulaires et exerçant une seigneurie étendue sur l’est du Chablais. Cette seigneurie, délimitée par des repères naturels comme le mont Bénand ou le pic de Borée, possède sa propre prison et des fourches patibulaires. Cependant, des conflits récurrents opposent Meillerie à Évian, notamment en 1289 et 1314, où des litiges sur les droits juridictionnels et les limites territoriales dégénèrent en violences, comme le pillage d’un chalet d’alpage par des habitants d’Évian.
À partir du XVe siècle, le prieuré décline avec la mise en commende du Grand-Saint-Bernard et les conflits avec Évian, aggravés par les guerres (Valaisans, Genevois, Français). Au XVIe siècle, des destructions partielles et la réduction du nombre de chanoines à trois marquent son affaiblissement. Le XVIIe siècle apporte une accalmie, avec la fin des procès contre Évian en 1676 et une gestion agricole documentée. Cependant, le XVIIIe siècle voit sa sécularisation en 1752, suivie d’un abandon progressif malgré des tentatives de restauration. Pendant la Révolution, la tour, utilisée comme prison et archive, échappe de justesse à la destruction.
L’église actuelle, dédiée à saint Bernard de Menthon, mêle des éléments médiévaux (chœur du XIIIe siècle, voûtes ogivales, rosace lobée) et modernes (nef du XIXe siècle). Le chœur, ancien cœur du prieuré, présente des chapiteaux végétaux et des clés de voûte peintes, tandis que la tour-clocher, édifiée comme tour de défense, conserve des traces de sa fonction carcérale (archères, latrines condamnées). Les vitraux, restaurés au XIXe siècle après des dégâts causés par un orage en 1822, représentent saint Augustin et saint Bernard d’Aoste.
Le logis, partiellement conservé, comprenait à l’origine des ailes fortifiées, des caves voûtées (fromageries, pressoir) et des espaces de vie comme la cuisine ou l’aula magna. La tour, symbole de la puissance seigneuriale, servait aussi de cellier et de salle de torture. Après la Révolution, les bâtiments, vendus aux villageois, deviennent une église paroissiale agrandie au XIXe siècle pour accueillir les fidèles. Aujourd’hui, le site, protégé depuis 1990 et étendu en 2015, témoigne de l’histoire religieuse, judiciaire et architecturale du Chablais savoyard.
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