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Prieuré de Sainte-Gemme en Charente-Maritime

Charente-Maritime

Prieuré de Sainte-Gemme

    3 Rue du Prieure
    17250 Sainte-Gemme

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1074
Donation aux bénédictins
Milieu du XIe siècle
Fondation présumée
Fin XIe - XIIe siècle
Reconstruction romane
1568
Saccage par les huguenots
1791
Vente comme bien national
1862
Classement monument historique
2004-2005
Protection étendue
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Guillaume VIII - Duc d'Aquitaine et comte de Poitiers Fonda le prieuré bénédictin en 1074.
Jacques de Saint-Nectaire - Supérieur puis abbé de La Chaise-Dieu Réforma le prieuré en 1483-1492.
Dom Jacques Boyer - Moine érudit de Saint-Maur Décrivit les ruines en 1714.
Louis de La Fayette - Prieur vers 1460-1470 Blason présent sur une porte.

Origine et histoire

Le prieuré de Sainte-Gemme, fondé au XIe siècle dans la forêt du Baconnais, fut confié en 1074 aux bénédictins de La Chaise-Dieu par Guillaume VIII, duc d'Aquitaine. Trois moines y furent envoyés pour développer le monastère, qui bénéficiait alors d'une chapelle pré-casadéenne. Reconstruit à la fin du XIe siècle, il connut son apogée aux XIIe et XIIIe siècles grâce aux donations et à l'exploitation des marais salants, abritant jusqu'à vingt moines.

Au XIVe siècle, le prieuré, dirigé par un prieur puissant (seigneur local et membre influent de la congrégation), fut touché par la guerre de Cent Ans. Les bâtiments claustraux furent remaniés, et les galeries du cloître surélevées. En 1483, Jacques de Saint-Nectaire, supérieur puis abbé de La Chaise-Dieu, tenta d'y imposer des réformes, rencontrant une opposition avant d'être finalement accepté.

Les guerres de Religion marquèrent un tournant : en 1568, les huguenots s'emparèrent du prieuré, détruisant une partie de l'église (voûtes percées, transept et clocher abattus). Au XVIIe siècle, les moines restants murèrent l'arc entre la nef et la croisée du transept. Dom Jacques Boyer, en 1714, décrivit des lieux en ruines, avec un cloître partiellement debout et une chapelle souterraine contenant des sépulcres. Le prieuré fut définitivement abandonné en 1731.

Vendu comme bien national en 1791, le site fut transformé en habitat et lieu de travail. Au XIXe siècle, l'église, menacée d'effondrement, fut consolidée : contreforts ajoutés, voûtes reconstruites (1844, 1866), et façade occidentale restaurée (1869-1870). Un clocher néogothique remplaça l'ancien, tandis que les bâtiments adjacents devinrent café, épicerie ou musée. Classée dès 1862, l'église et le prieuré furent protégés en 2004-2005.

L'architecture romane du prieuré se distingue par son église en croix latine (55 m à l'origine), son narthex rare en Saintonge, et sa crypte funéraire du XIIe siècle. Le cloître (15,5 m x 19 m), bien conservé malgré la disparition de ses galeries, présentait des banquettes en pierre et des colonnes voûtées. Les bâtiments claustraux, réaménagés au XVe siècle, incluaient une salle capitulaire voûtée, un réfectoire, et des appartements prioraux.

Les restaurations des XIXe et XXe siècles, bien que nécessaires, altérèrent partiellement l'authenticité médiévale : contreforts massifs, sculptures refaites, et baies élargies malgré les protestations des Monuments historiques. Aujourd'hui, le prieuré témoigne à la fois de la puissance bénédictine en Saintonge et des vicissitudes historiques, des conflits religieux à la Révolution.

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