Construction du cirque 149 (≈ 149)
Début des travaux sous Antonin le Pieux.
407
Transfert de la préfecture des Gaules
Transfert de la préfecture des Gaules 407 (≈ 407)
Croissance démographique autour du cirque.
IVe siècle
Rénovation de la spina
Rénovation de la spina IVe siècle (≈ 450)
Nouveau plaquage de marbre et obélisque.
536
Dernières représentations connues
Dernières représentations connues 536 (≈ 536)
Critiquées par Saint Césaire d’Arles.
580
Crue du Rhône
Crue du Rhône 580 (≈ 580)
Ensevelissement partiel du cirque.
XVIIe siècle
Déplacement de l’obélisque
Déplacement de l’obélisque XVIIe siècle (≈ 1750)
Installé place de la République.
1992
Classement monument historique
Classement monument historique 1992 (≈ 1992)
Protection officielle des vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges et emprise du cirque (cad. BD 5, 7, 124, 132, 133 et domaine public, non cadastré) : classement par arrêté du 17 décembre 1992
Personnages clés
Antonin le Pieux - Empereur romain
Commanditaire du cirque en 149.
Saint Césaire - Évêque d’Arles (Ve-VIe s.)
Critique des spectacles du cirque.
Louis XIV - Roi de France
Hommage par l’obélisque en 1676.
Origine et histoire
Le cirque romain d’Arles, construit à partir de 149 sous l’empereur Antonin le Pieux, est le plus grand édifice romain de la cité. Sa construction, complexe en raison du terrain marécageux, a nécessité 30 000 pieux en bois pour stabiliser les fondations. Mesurant 450 m de long et 101 m de large, il pouvait accueillir 20 000 spectateurs. La piste centrale, ou spina, était ornée d’un obélisque, de sculptures et de bassins, tandis que les gradins (cavea) protégeaient les spectateurs par un mur élevé (podium).
Utilisé principalement pour les courses de chars, les combats de cavalerie et les venationes (chasses), le cirque reflète l’apogée urbaine d’Arles à l’époque romaine. Au IVe siècle, la spina est rénovée avec un plaquage de marbre et un nouvel obélisque. Le déclin débute au VIe siècle, marqué par l’abandon progressif, les pillages de pierres pour les remparts, et une crue dévastatrice en 580 qui l’ensevelit sous les alluvions. Les vestiges, redécouverts aux XVIIe et XIXe siècles, se limitent aujourd’hui à des substructions de gradins et à l’obélisque, déplacé en 1676 sur la place de la République.
L’obélisque, élément emblématique de la spina, est réinstallé au XVIIe siècle sur l’actuelle place de la République en hommage à Louis XIV. Il reste le seul vestige visible hors site, tandis que les fouilles ont révélé des traces d’habitations du Ve siècle, liées à l’afflux démographique après le transfert de la préfecture des Gaules à Arles en 407. Saint Césaire, évêque d’Arles, critique dans ses sermons (vers 536) l’attachement des Arlésiens à ces spectacles « païens », témoignages des dernières représentations avant l’abandon définitif vers 550.
Classé monument historique en 1992, le cirque illustre l’extension urbaine d’Arles après les aménagements flavien (comme les arènes, vers 80). Son architecture modulaire, proche de celle des amphithéâtres, et ses dimensions exceptionnelles en font un symbole de la puissance romaine en Gaule. Les vestiges visibles, près du Musée départemental Arles antique, incluent des parties des gradins et de la sphendonè (extrémité arrondie), tandis que d’autres éléments, réemployés dans les remparts ou des constructions privées, témoignent de son démantèlement systématique.
Oublié pendant plus d’un millénaire, le site est redécouvert par étapes : l’obélisque est identifié comme une curiosité médiévale sans origine connue, avant que les fouilles des XVIIe, XIXe et XXe siècles ne révèlent son histoire. Aujourd’hui, il offre un aperçu unique des loisirs romains en Provence, entre courses équestres et spectacles grandioses, tout en soulignant les défis de conservation posés par les crues du Rhône et les réutilisations successives de ses matériaux.
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