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Église Saint-Bernard-de-Menthon en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Église Saint-Bernard-de-Menthon

    20 Rue nationale
    74500 Meillerie

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
vers 1130
Fondation du prieuré
1289 et 1314
Conflits avec Évian
XIIIe siècle
Apogée administratif
1794
Menace de destruction révolutionnaire
XIXe siècle
Agrandissement de l’église
1990 et 2015
Classements monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH

Personnages clés

Boson d’Allinges - Fondateur présumé Cofondateur du prieuré vers 1130.
Amédée de Maurienne - Comte autorisant la fondation Donna son accord pour la création.
Aymon II de Faucigny - Seigneur cédant des droits Transféra la justice à Meillerie (XIIIe).
Saint Bernard de Menthon - Patron de l’église Remplaça la Vierge comme saint protecteur.
Antoine Louis Albitte - Représentant révolutionnaire Ordonna la destruction des tours (1794).
Guérin Peillex - Curé au XVIIIe siècle Signala l’abandon des bâtiments.

Origine et histoire

Le prieuré de Meillerie, fondé vers 1130 par Boson d’Allinges, Boson et Gaudemard de Lugrin avec l’accord du comte Amédée de Maurienne, était un prieuré-fortifié occupé par des chanoines réguliers de saint Augustin. Dès le XIIe siècle, il abritait une église et un bâtiment conventuel, devenant un centre religieux actif lié aux abbayes d’Abondance et de Saint-Ours d’Aoste. Son importance grandit au XIIIe siècle lorsque les comtes de Savoie et les sires de Faucigny lui cédèrent des droits de justice sur Meillerie, Lugrin et Thollon, entraînant la construction d’un nouveau monastère.

Au Moyen Âge, Meillerie devint le siège administratif du prévôt du Grand-Saint-Bernard, avec une seigneurie étendue incluant prisons et fourches patibulaires. Les conflits avec Évian, notamment pour les limites territoriales et les droits juridictionnels, marquèrent son histoire : en 1314, des habitants d’Évian pillèrent un chalet d’alpage du prieuré, déclenchant des condamnations et des confirmations des droits seigneuriaux. Malgré ces tensions, le prieuré prospéra jusqu’au XVe siècle, avant de décliner avec la mise en commende du Grand-Saint-Bernard et les guerres (Valaisans, Genevois, Français) qui endommagèrent les bâtiments.

La Révolution française accéléra son déclin : la tour, utilisée comme prison et salle de torture, échappa de peu à la destruction en 1794 grâce à son utilité pour la navigation lacustre. Au XIXe siècle, l’église fut agrandie d’une nef pour accueillir les paroissiens, tandis que la tour, transformée en clocher, perdit ses fonctions défensives. Aujourd’hui, l’édifice mêle un chœur gothique du XIIIe siècle (voûtes d’ogives, rosace lobée) et une nef moderne, témoignant de son évolution depuis le prieuré fortifié jusqu’à l’église paroissiale.

La tour-clocher, cœur défensif du prieuré, illustre cette dualité : construite en tuf et moellons avec archères et hourds, elle servit de prison, de cellier et de salle des archives. Au XVIIIe siècle, elle fut voûtée et dotée d’un escalier en pierre, avant d’être surmontée d’un beffroi au XIXe. Les logis conventuels, partiellement détruits, abritaient autrefois une aula magna, des chambres, une cuisine et des caves dédiées à la production fromagère et vinicole. Les vestiges actuels (aile est, sacristie) rappellent son rôle de seigneurie et de centre religieux.

L’église actuelle, initialement dédiée à la Vierge avant d’être placée sous le patronage de saint Bernard de Menthon, conserve des éléments remarquables : une peinture du XVIIIe siècle représentant saint Bernard enchaînant le diable, des vitraux dédiés à saint Augustin et saint Bernard d’Aoste, et des clés de voûte peintes (Christ stigmatisé, Agneau pascal). Ces détails artistiques, associés à son histoire mouvementée, en font un monument emblématique de la Haute-Savoie, classé depuis 1990 et protégé dans son intégralité depuis 2015.

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