Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château dans l'Aude

Aude

Château


    11250 Couffoulens
Château
Château
Château
Château
Château
Château
Château
Château
Château
Château
Château
Château
Crédit photo : Jcb-caz-11 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
500 av. J.-C.
400 av. J.-C.
0
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIe-Ve siècle av. J.-C.
Nécropole à incinération
1012
Première mention écrite
1215
Attribution à Pierre de Voisins
XIIIe-XIVe siècle
Construction du donjon
1712
Achat par Guillaume Castanier
1793
Vente comme bien national
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Toiture et façade Nord ; terrasses : inscription par arrêté du 10 avril 1948

Personnages clés

Pierre I de Voisins - Seigneur et sénéchal Rebâtit le château après 1215.
Guillaume Castanier - Manufacturier et baron Modernise le château au XVIIIe.
Antoine Rivalz - Peintre toulousain Auteur du retable de 1729.
Jean-Louis Sarrand - Officier et maire Propriétaire post-Révolution.
Catherine Castanier - Héritière et marquise Perte des biens à la Révolution.

Origine et histoire

Le château de Couffoulens, situé dans le département de l'Aude en Nouvelle-Aquitaine, occupe un éperon rocheux stratégique au confluent de l’Aude et du Lauquet. Son nom, d’origine latine confluens, reflète cette position géographique clé, occupée dès l’âge du fer comme en témoignent les vestiges archéologiques, dont une nécropole à incinération du VIe-Ve siècle av. J.-C. révélant des influences ibères et un commerce actif le long de la vallée.

À partir du XIe siècle, le site devient un castrum majeur des comtes de Carcassonne, mentionné dès 1012 comme ensemble fortifié incluant tour, résidence seigneuriale et remparts. Le château change plusieurs fois de mains lors des conflits entre Trencavel, comtes de Barcelone et vicomtes d’Albi, avant d’être adjugé en 1215 à Pierre I de Voisins, compagnon de Simon de Montfort pendant la croisade albigeoise. Les Voisins, sénéchaux royaux, y répriment l’hérésie cathare et transforment le château au XIIIe-XIVe siècle, ajoutant un donjon massif aux murs épais (jusqu’à 2,75 m) et des systèmes défensifs comme un oculus d’évasion.

La Renaissance marque un tournant avec l’arrivée des Castanier au XVIIIe siècle. Cette famille de négociants et manufacturiers, anoblie en 1720, modernise entièrement le château : Guillaume Castanier (1676-1759) y ajoute un vestibule, une chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste ornée d’un retable d’Antoine Rivalz (1729), et une salle à manger en marbre gris de Caunes. Le château, alors en forme de U avec des terrasses étagées, incarne leur puissance économique, liée à la Compagnie des Indes et au système de Law. Leur héritière, Catherine Castanier, perdra cependant la totalité de ses biens à la Révolution.

Confisqué comme bien national en 1793, le château est racheté par Étienne Sarrand, dont le fils Jean-Louis, officier napoléonien et maire de Carcassonne, en hérite. Après une période d’abandon au XIXe siècle, la famille Sarrand entreprend sa restauration à partir des années 1960, préservant les gypseries du XVIIIe siècle, les ferronneries et la structure médiévale englobée dans les murs. Aujourd’hui, le château mêle vestiges défensifs (tour carrée, canonnières) et décors classiques, tout en accueillant des événements culturels comme le marché Oeno’Art.

Les fouilles archéologiques ont mis au jour des traces d’occupation romaine (opus spicatum, amphores) et des silos médiévaux sous les dalles de la grande salle. Le site, inscrit aux Monuments Historiques en 1948 pour sa façade nord et ses terrasses, conserve aussi des éléments rares comme un thymiatérion ibère (brûle-parfum en bronze) et des tombes à incinération protohistoriques, soulignant son importance continue depuis l’Antiquité.

Liens externes