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Château de Carel à Saint-Pierre-sur-Dives dans le Calvados

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château de style Classique
Calvados

Château de Carel

    R.N. 811
    14170 Saint-Pierre-sur-Dives
Château de Carel
Château de Carel
Château de Carel
Château de Carel
Château de Carel
Château de Carel
Crédit photo : Roi.dagobert - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1468
Première mention du manoir
1646
Acquisition par Noël Le Jeune
1719
Vente aux Laillier
1724-1753
Rénovation du château
1940-1944
Occupation allemande
1950
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château ; douves qui l'entourent ; jardin en avant de la cour d'entrée ; potager ; colombier ; allée de grands arbres reliant le château à la route de Saint-Pierre-sur-Dives (cad. 12 à 24) : classement par arrêté du 20 juin 1950 - Façades et toitures des bâtiments de communs situés au nord et au sud de l'avenue ; façades et toitures des bâtiments de la ferme ; latrines situées à l'angle sud-ouest du château ; piliers d'angle de la cour d'honneur ; l'escalier intérieur du château et les trois cheminées à l'étage (cad. E 116, 188, 189, lieudit Carel) : inscription par arrêté du 5 décembre 2000

Personnages clés

Noël Le Jeune - Seigneur de Carel (1646) Premier acquéreur du fief moderne.
François Laillier - Propriétaire et rénovateur Modernise le château (1724-1753).
Jean Laillier - Cofinanceur des travaux Aile gauche construite en 1753.
Baron Brunet - Propriétaire (XIXe siècle) Restaure le château sous Napoléon III.
Louis Alphonse de Brébisson - Botaniste et propriétaire Hérite du domaine au XIXe.

Origine et histoire

Le château de Carel, situé à Saint-Pierre-sur-Dives dans le Calvados, remplace un ancien manoir médiéval entouré de douves, mentionné dès 1468. Ce premier édifice, propriété successive des familles de Hérouvel, de Carel et de Lesnérac, formait un carré fortifié avec une cour intérieure, protégé par la rivière Dives. Les vestiges de ces douves de 10 mètres de large subsistent encore aujourd’hui, témoignant de son passé défensif. La seigneurie de Carel, évoquée dès le XVe siècle, aurait selon une tradition non vérifiée des liens avec Richard de Carel, allié aux Tancrède de Hauteville lors de la conquête normande des Deux-Siciles.

Acquis en 1646 par Noël Le Jeune, le fief est revendu en 1670 à Jacques Charpentier, mais la transaction est annulée en 1680 au profit de ses créanciers, Georges de Motteville et Jean du Resnel. Leurs héritiers, Bruno Emmanuel de Motteville et Charles Gabriel du Resnel, cèdent finalement le domaine en 1719 à deux acquéreurs distincts : la comtesse de Rabodanges pour le fief, et Charles Étienne Maynard pour les terres non nobliaires. Un retrait lignager en 1724 permet aux Motteville de récupérer l’ensemble, avant de le vendre aux frères Laillier, qui transforment radicalement le château entre 1724 et 1753.

François et Jean Laillier, nouveaux propriétaires, modernisent le château selon les canons des styles Louis XIII et Louis XIV, ajoutant une aile en 1753 pour un cabinet de travail et des communs au sud. Les travaux incluent des parquets (1743) et une rampe d’escalier (1746). Le domaine, estimé à 320 000 livres en 1770, passe ensuite à Nicolas Formage de Beauval, puis au botaniste Louis Alphonse de Brébisson au XIXe siècle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château, occupé par un état-major allemand, subit des dommages (toitures, vitres) dus aux bombardements proches.

Classé Monument historique en 1950 pour ses façades, toitures, douves et allées, le château conserve une architecture caractéristique : hautes fenêtres, toits à la Mansart, et une île artificielle formée par les douves et la Dives. Son parc, planté de tilleuls bicentenaires, offre une perspective classée depuis 1967, malgré les destructions causées par la tempête de 1999. Aujourd’hui encore propriété des descendants du baron Brunet, aide de camp de Napoléon III, le château incarne l’héritage seigneurial et architectural de la Normandie.

L’ensemble se compose d’un corps de logis flanqué de deux ailes, de communs, d’une ferme et d’un colombier, le tout organisé autour d’une cour d’honneur accessible par un pont de pierre franchissant un ha-ha. Les intérieurs conservent des éléments remarquables comme l’escalier et trois cheminées protégées depuis 2000. Le domaine, ouvert au public en été, propose des visites guidées mettant en valeur son histoire et son architecture, ainsi que son parc paysager restauré après les tempêtes.

Liens externes