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Château de Madic dans le Cantal

Cantal

Château de Madic


    15210 Madic

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1415
Mort d'Hugues de Chabannes
1470
Exemption du ban pour Bompart
1469-1480
Reconstruction du château
10 juillet 1794
Vente comme bien national
1802
Retour de Jean-Frédéric de Chabannes
début XIXe siècle
Construction du château moderne
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Gilbert de Chabannes - Gouverneur du Limousin et sénéchal Reconstruit le château entre 1469 et 1480.
Blandin Bompart - Seigneur d'Auzers et homme d'affaires Dirigea les travaux du château pour Gilbert.
Joachim de Chabannes - Seigneur de Madic et gouverneur Proche de Catherine de Médicis, né en 1502.
Jean-Frédéric de Chabannes - Dernier seigneur émigré Rachat partiel des lots en 1802.
Hugues de Chabannes - Coseigneur de Charlus Époux de Gaillarde de Madic, mort à Azincourt.

Origine et histoire

Le château de Madic se compose des ruines d’une forteresse médiévale exceptionnellement luxueuse, construite entre 1469 et 1480 par Gilbert de Chabannes, gouverneur du Limousin et membre de la puissante famille de Chabannes. Érigé sur les soubassements d’un ancien château rectangulaire, il était doté de murailles épaisses de plus de 3 mètres, flanquées de tours circulaires et équipées d’embrasures pour canons. L’accès s’effectuait par un pont-levis franchissant un fossé, illustrant son rôle défensif majeur. La tour Saint-Yves, vestige du château originel, ne s’effondra qu’une trentaine d’années avant la Révolution.

Le site appartenait initialement à la famille de Madic, avant de passer aux Chabannes par le mariage de Gaillarde de Madic avec Hugues de Chabannes au début du XVe siècle. Gilbert de Chabannes, riche gouverneur, confia la reconstruction du château à son homme d’affaires, Blandin Bompart, seigneur d’Auzers, qui fut exempté du ban en 1470 par Louis XI en récompense. Le château abritait une chapelle castrale dédiée à Notre-Dame de Montserat, ainsi qu’une série de neuf tapisseries représentant les Neuf Preux, symbole de prestige.

Au XVIIIe siècle, le domaine fut vendu comme bien national en 1794, divisé en 32 lots après l’émigration de Jean-Frédéric de Chabannes. Ce dernier racheta 31 lots à son retour en 1802, mais le dernier, détenu par un nommé Verneghol, échappa à la famille. Les lots furent finalement revendus à un marchand de biens, puis acquis par Antoine Gilbert. La lignée des Chabannes, seigneurs de Madic depuis le XVe siècle, marqua profondément l’histoire du lieu, avec des figures comme Joachim de Chabannes (1502–1559), gouverneur des enfants de France et proche de Catherine de Médicis.

Le château moderne, construit au début du XIXe siècle à proximité des ruines, contraste avec l’ancienne forteresse. Les vestiges médiévaux, malgré leur état partiel, restent un témoignage rare de l’architecture militaire et résidentielle de la fin du Moyen Âge, mêlant luxe et fonction défensive. La famille de Chabannes, par ses alliances (Médicis, Bourbon-Vendôme, Tour d’Auvergne), inséra Madic dans un réseau d’influence couvrant l’Auvergne, le Limousin et la cour de France.

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