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Statue de l'Impératrice Joséphine, située sur la savane

Statue de l'Impératrice Joséphine, située sur la savane


    97200 Fort-de-France
Propriété de la commune
Statue de lImpératrice Joséphine, située sur la savane
Statue de lImpératrice Joséphine, située sur la savane
Statue de lImpératrice Joséphine, située sur la savane
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Statue de lImpératrice Joséphine, située sur la savane
Statue de lImpératrice Joséphine, située sur la savane
Crédit photo : A. Benoît - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1837
Premier projet de statue
1856
Pose de la première pierre
29 août 1859
Inauguration de la statue
septembre 1991
Décapitation de la statue
31 décembre 1992
Classement monument historique
26 juillet 2020
Destruction totale
17 novembre 2025
Relaxation des prévenus
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Statue et son socle (cad. domaine public, non cadastré) : inscription par arrêté du 31 décembre 1992

Personnages clés

Joséphine de Beauharnais - Impératrice des Français (1802-1809) Figure commémorée par la statue
Vital Gabriel Dubray - Sculpteur du monument Auteur de la statue en marbre
Napoléon III - Empereur des Français (1852-1870) Financeur et donateur du marbre
Aimé Césaire - Maire de Fort-de-France (1945-2001) Ordonna le déplacement en 1974
François Joseph Bosio - Sculpteur du buste original Source d’inspiration pour Dubray
Jean Castex - Premier ministre (2020) Condamna la destruction en 2020

Origine et histoire

La statue de l’impératrice Joséphine, située sur la place de la Savane à Fort-de-France, était un monument commémoratif en marbre blanc élevé en 1859 en hommage à Joséphine de Beauharnais (1763-1814). Réalisée par le sculpteur Vital Gabriel Dubray, elle représentait l’impératrice en manteau impérial, tenant un médaillon de Napoléon Ier. Le piédestal, orné de plaques en bronze, commémorait des dates clés de sa vie : naissance (1763), mariage avec Bonaparte (1796), couronnement (1804) et inauguration de la statue (1859). Financée par une souscription locale et un don de Napoléon III, elle fut inaugurée lors de trois jours de fêtes grandioses en août 1859.

Dès son érection, la statue suscita des controverses en raison du passé esclavagiste de la famille de Joséphine et de son rôle présumé dans le rétablissement de l’esclavage par Napoléon en 1802. En 1974, elle fut déplacée en bordure du parc par la municipalité d’Aimé Césaire pour réduire sa visibilité. Décapitée en 1991 par un commando anonyme, elle fut classée monument historique en 1992 malgré son état dégradé. Son piédestal et les plaques commémoratives restèrent intacts jusqu’à sa destruction totale en juillet 2020 par des activistes anticoloniaux du collectif Rouge-Vert-Noir, dans le contexte des mouvements de décommémoration mondiaux.

La destruction de la statue, survenue sans intervention policière malgré un ordre préfectoral controversé, fut condamnée par le Premier ministre Jean Castex comme un acte de vandalisme. En 2025, le tribunal correctionnel de Fort-de-France relaxa les prévenus, jugeant que l’action s’inscrivait dans un cadre militant politique. Ce monument, symbole des tensions mémorielles en Martinique, illustre les débats sur la décolonisation de l’espace public et la réévaluation des figures historiques liées à l’esclavage.

Le projet initial remontait à 1837, mais ce fut sous le Second Empire que Napoléon III relança l’initiative, offrant même le marbre de Carrare pour la sculpture. Dubray s’inspira d’un buste de Joséphine réalisé par François Joseph Bosio, jugé très ressemblant. Le monument, entouré de palmiers royaux et d’une grille ouvragée, occupait initialement le centre de la Savane, lieu où, selon la légende, un boulet de canon serait tombé près d’elle en 1790. Son inauguration en 1859 rassembla les élites locales et régionales lors de cérémonies fastueuses, marquant l’apogée de sa glorification.

Les réaménagements urbains et les revendications anticoloniales ont progressivement marginalisé ce monument. Son déplacement en 1974, puis sa décapitation en 1991, reflétaient la montée des critiques contre la célébration de personnages associés à l’oppression coloniale. La destruction de 2020, intervenant après celle de la statue de Pierre Belain d’Esnambuc, s’inscrivait dans une dynamique globale de remise en question des symboles hérités de la colonisation, amplifiée par des événements comme la mort de George Floyd aux États-Unis.

Liens externes