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Synagogue de Cavaillon dans le Vaucluse

Patrimoine classé
Patrimoine Juif
Synagogue

Synagogue de Cavaillon

    12 Rue Waldeck Rousseau
    84300 Cavaillon
Propriété de la commune
Synagogue de Cavaillon
Synagogue de Cavaillon
Synagogue de Cavaillon
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Synagogue de Cavaillon
Synagogue de Cavaillon
Synagogue de Cavaillon
Crédit photo : Véronique PAGNIER - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1494
Autorisation de construction
1771
Décision de reconstruction
1772-1774
Reconstruction de la synagogue
1924
Classement Monument Historique
1963
Transformation en musée
1988
Restauration majeure
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Synagogue : classement par arrêté du 17 mai 1924

Personnages clés

Évêque de Cavaillon (1494) - Autorité religieuse A autorisé la construction de la synagogue.
Lambertin - Architecte A conçu les plans de la synagogue du XVIIIe siècle.
Antoine et Pierre Armelin - Maçons Ouvriers principaux de la reconstruction en 1772-1774.
Jean-Joseph Charmot - Sculpteur A réalisé les décors intérieurs en bois.
Dominique Ronseray - Architecte en chef Dirigea la restauration de 1985-1988.

Origine et histoire

La synagogue de Cavaillon, située rue Hébraïque, est l’une des plus anciennes de France. Son histoire remonte à la fin du Moyen Âge : édifiée par les Juifs comtadins au XVe siècle, elle fut autorisée par l’évêque de Cavaillon en 1494. Une tourelle semi-circulaire, vestige de l’édifice médiéval, subsiste encore aujourd’hui. Ce premier bâtiment fut probablement rasé pour laisser place à une reconstruction entre 1772 et 1774, décidée par la communauté en 1771. Les archives (prix-faits et quittances) attestent de cette campagne, menée sous la direction de l’architecte avignonnais Lambertin, avec des artisans locaux comme les maçons Antoine et Pierre Armelin ou le sculpteur Jean-Joseph Charmot.

La synagogue du XVIIIe siècle se distingue par son organisation en deux niveaux superposés : la salle supérieure, réservée aux hommes et à l’officiant, et la salle inférieure, dédiée aux femmes et servant aussi de boulangerie (four à pain azyme et table en marbre toujours visibles). Son aménagement intérieur est remarquable, avec une tribune (Bimah) rococo placée face à l’arche sainte – une disposition rare, inspirée des synagogues italiennes – et un siège suspendu symbolisant le prophète Élie, utilisé lors des circoncisions. Le décor, en bois sculpté et gypseries, reflète le style Louis XV, tandis que les lustres en bronze et les vitraux (jaune, bleu, rose) évoquent ceux de la synagogue de Carpentras.

Désaffectée au XIXe siècle après le déclin de la communauté juive comtadine, la synagogue fut classée Monument Historique en 1924. Menacée par un projet immobilier au XXe siècle, elle fut sauvée grâce à la mobilisation d’associations et transformée en musée judéo-comtadin en 1963. Plusieurs campagnes de restauration (1955, 1969, 1988) ont permis de préserver son architecture et son décor intérieur, notamment les lambris, la tribune, et les éléments rituels comme le mikvé (bain rituel) adjacent. Aujourd’hui, le site inclut aussi des maisons du ghetto juif du XVIIIe siècle, dont celle du rabbin, offrant un témoignage intact de la vie communautaire d’alors.

Les travaux de conservation ont combiné méthodes traditionnelles et innovations : nettoyage doux des façades en pierre d’Oppède, réfection des charpentes pour stopper les infiltrations, et restauration des portes métalliques des troncs votifs (gravées d’inscriptions hébraïques). L’éclairage, conçu pour imiter la lumière des chandelles, et l’absence de chauffage (pour protéger les boiseries) illustrent le souci de respecter l’authenticité du lieu. La dernière campagne (1988), financée par l’État, le département de Vaucluse et la Fondation du judaïsme français, a aussi mis en valeur le puits du ghetto, la boulangerie rituelle, et les décors de gypseries de la tourelle médiévale.

Liens externes