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Temple romain d'Izernore dans l'Ain

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Temple Gallo-romain

Temple romain d'Izernore

    Chemin des Colonnes 
    01580 Izernore
Propriété de la commune
Temple romain dIzernore
Temple romain dIzernore
Temple romain dIzernore
Temple romain dIzernore
Temple romain dIzernore
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Temple romain dIzernore
Temple romain dIzernore
Temple romain dIzernore
Crédit photo : Jejecam - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
1600
1700
1800
1900
2000
Milieu du Ier siècle apr. J.-C.
Construction du premier temple
Fin du Ier – IIe siècle apr. J.-C.
Construction du second temple
1650
Découverte de l’inscription à Mercure
1783
Premières fouilles archéologiques
1840
Classement Monument Historique
1910
Restauration controversée
2015
Consolidation des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les ruines du temple romain : classement par liste de 1840

Personnages clés

Thomas Riboud - Archéologue Dirige les premières fouilles en 1783.
Jules Baux - Historien local Publie un rapport détaillé en 1866.
Raymond Chevallier - Archéologue Dirige des recherches dans les années 1960.
Émile Chanel - Conservateur du musée Catalogue les collections en 1911.
Samuel Guichenon - Érudit local Décrit les ruines en 1650.
Max Gschaid - Historien Étudie le temple en 1994.

Origine et histoire

Le temple gallo-romain d'Izernore, classé monument historique dès 1840, est un ensemble religieux construit entre le milieu du Ier et la fin du IIe siècle apr. J.-C. Il se compose de deux édifices successifs érigés au même emplacement, le second réutilisant partiellement les structures du premier. Bien que les fouilles n’aient pas permis de reconstituer leur apparence exacte, les vestiges encore visibles (trois colonnes d’angle et des blocs épars) appartiennent au second temple, plus imposant. Ce monument, lié à l’agglomération antique d’Isarnodurum, témoigne d’un site cultuel plus vaste, incluant potentiellement des thermes, des puits et un théâtre hypothétique.

Les études archéologiques révèlent une occupation du site avant même la construction des temples, attestée par des monnaies gauloises, mais son ampleur reste indéterminée. Le premier temple, probablement édifié sous la dynastie flavienne (seconde moitié du Ier siècle), présente une structure de plain-pied entourée d’une colonnade, tandis que le second, périptère sur podium, mesure environ 19,20 × 22,60 m. Sa cella excentrée et ses murs doublés suggèrent une continuité cultuelle pendant les travaux. Les décors peints, dont des fragments subsistent, utilisaient du cinabre espagnol, un pigment coûteux, et représentaient des motifs géométriques, végétaux et animaux.

L’identité de la divinité vénérée reste incertaine, bien que des hypothèses évoquent Mercure (d’après une inscription votive retrouvée en 1650), Roma (liée à un doigt en bronze découvert en 1825), ou Mars (sur la base d’une toponymie locale contestée). Abandonné à la fin de l’Antiquité, le temple a subi des pillages pour la récupération de ses matériaux, mais ses trois piliers angulaires, hauts de 8 m, ont étrangement échappé à cette destruction. Les premières descriptions des ruines remontent au VIe siècle (Vie des Pères du Jura), suivies d’études par des érudits locaux aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Les fouilles systématiques débutent en 1783 sous la direction de Thomas Riboud, puis se poursuivent au XIXe siècle, financées par l’État et le département de l’Ain. En 1910, une restauration controversée reconstruit partiellement les murs, complexifiant l’interprétation des vestiges. Les recherches modernes, comme celles menées par Raymond Chevallier dans les années 1960, ont permis de préciser la chronologie et l’organisation du site. En 2013-2014, de nouvelles investigations ont complété ces données, aboutissant à une consolidation des ruines en 2015. Aujourd’hui, le temple, seul vestige gallo-romain visible dans l’Ain, est protégé et accessible au public, tandis qu’une réplique stylisée orne l’entrée sud de la commune.

Le mobilier archéologique (monnaies, fragments de statues, inscriptions) est conservé au musée d’Izernore, créé en 1908 et labellisé Musée de France en 2003. Parmi les pièces notables figurent un fragment de pétase (attribut de Mercure) et une statuette interprétée comme Sucellos, dieu gaulois. Malgré son importance, le temple d’Izernore soulève encore des questions, notamment sur son lien avec la bataille d’Alésia, hypothèse émise au XIXe siècle dans un contexte nationaliste post-1870, ou sur la fonction exacte des puits voisins, initialement considérés comme rituels avant d’être réinterprétés comme domestiques.

Liens externes