Fondation de l'établissement vers 1590-1600 (≈ 1595)
Création probable de Meillant-Charenton, futur complexe métallurgique.
1635
Première mention de la Grosse Forge
Première mention de la Grosse Forge 1635 (≈ 1635)
Attestation documentaire de son existence.
1764-1774
Fondation de la forge de Boutillon
Fondation de la forge de Boutillon 1764-1774 (≈ 1769)
Extension du site à Saint-Pierre-les-Etieux.
1824
Construction de la maison du maître
Construction de la maison du maître 1824 (≈ 1824)
Architecture typique du Boischaut sud.
1845
Arrêt des forges de Charenton
Arrêt des forges de Charenton 1845 (≈ 1845)
Intégration à Châtillon-Commentry par Déchanet.
1885
Fermeture définitive des forges de Meillant
Fermeture définitive des forges de Meillant 1885 (≈ 1885)
Fin de l’activité sidérurgique sur le site.
fin XVIIIe siècle
Modernisation par le duc de Béthune-Charost
Modernisation par le duc de Béthune-Charost fin XVIIIe siècle (≈ 1895)
Période d’innovations techniques et architecturales.
19 décembre 2002
Protection au titre des Monuments Historiques
Protection au titre des Monuments Historiques 19 décembre 2002 (≈ 2002)
Inscription des vestiges et bâtiments.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures de la maison du maître des forges (cad. F 814, lieudit Les Forges) ; les murs de clôture de la cour et du jardin de la maison du maître de forges (cad. F 813, 814, 824, 825, lieudit Les Forges) ; les façades et les toitures du bâtiment d'habitation des ouvriers (cad. F 137, lieudit Les Forges) ; les façades et les toitures de l'écurie-grange (cad. F 137, lieudit Les Forges) ; les murs de clôture de la cour commune à l'écurie-grange et au bâtiment d'habitation des ouvriers (cad. F 137, lieudit Les Forges) ; les vestiges de la fenderie (cad. F 135, lieudit Le Grand Bief) ; le mur de retenue qui prolonge la fenderie à l'est (cad. F 135, lieudit Le Grand Bief) ; le pont du déversoir (cad. F 821, lieudit Les Forges) ; le sol des parcelles cadastrales correspondant à l'ancienne emprise du site de la forge, à savoir les parcelles F 135 (ancien étang de la forge, en grande partie) , lieudit Le Grand Bief, 136, 137, 813 à 819, 821 à 825, lieudit Les Forges : inscription par arrêté du 19 décembre 2002
Personnages clés
Duc de Béthune-Charost - Modernisateur et physiocrate
Rénove le site au XVIIIe siècle.
Jean-Baptiste Déchanet - Capitaine d’industrie
Afferme les forges en 1845.
Duc de Mortemart - Propriétaire et afférmiste
Cède les forges à Déchanet.
Origine et histoire
La Grosse Forge de Charenton-du-Cher, située à 11 km à l’est de Saint-Amand-Montrond, faisait partie de l’établissement métallurgique de Meillant-Charenton, fondé vers 1590-1600. Ce complexe, l’un des plus grands du Berry après Clavières, comprenait cinq sites dont trois forges : La Grosse Forge (attestée dès 1635), la Petite Forge (anciennement forge de Renouard, 1657-1661) et la forge de Boutillon (1764-1774). Ces affineries transformaient la fonte produite par les haut-fourneaux de Meillant et Champange, modernisés au XVIIIe siècle sous l’impulsion du duc de Béthune-Charost, figure des Lumières et physiocrate.
Le site connut son apogée dans la première moitié du XIXe siècle, période durant laquelle il fut affermé à des industriels comme Jean-Baptiste Déchanet. Ce dernier intégra Meillant à la société de Châtillon-Commentry en 1845, marquant la fin de l’activité des forges de Charenton cette même année (celles de Meillant cessèrent en 1885). À son pic, la Grosse Forge abritait une affinerie, une fenderie, une écurie monumentale (la plus grande connue en Berry), une maison de maître construite en 1824, et une barre de logements ouvriers en U, exemplaires de l’habitat industriel précoce. Aujourd’hui, seuls subsistent des vestiges hydrauliques (coursiers maçonnés de la fenderie), des bâtiments ouvriers et la maison du maître de forges, protégés depuis 2002.
L’établissement de Meillant-Charenton illustre l’évolution technique de la métallurgie berrichonne, des fourneaux du XVIe siècle aux innovations du XIXe. Le haut-fourneau de Champange, bien conservé, témoigne des progrès architecturaux de la fin du XVIIIe siècle, tandis que la Grosse Forge offre un rare exemple d’infrastructure hydraulique industrielle (fenderie avec ses deux coursiers). La Petite Forge, quant à elle, fut convertie en moulin après l’arrêt des activités. Ces sites reflètent l’importance économique de la sidérurgie en Berry, liée aux ressources locales (bois, minerai) et aux réseaux de capitaux, comme ceux du duc de Mortemart ou des industriels de Châtillon-Commentry.
La protection au titre des Monuments Historiques (arrêté du 19 décembre 2002) couvre les façades et toitures des bâtiments emblématiques (maison du maître, écurie-grange, logements ouvriers), les murs de clôture, les vestiges de la fenderie, ainsi que le sol des parcelles de l’ancienne forge. Ce classement souligne la valeur patrimoniale d’un ensemble industriel quasi complet, rare en région Centre-Val de Loire, où la plupart des forges ont disparu ou été profondément transformées.