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La Grosse Forge à Charenton-du-Cher dans le Cher

Cher

La Grosse Forge

    814 Route des Forges
    18210 Charenton-du-Cher

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1590-1600
Fondation de l'établissement
1635
Première mention de la Grosse Forge
1764-1774
Fondation de la forge de Boutillon
1824
Construction de la maison du maître
1845
Arrêt des forges de Charenton
1885
Fermeture définitive des forges de Meillant
fin XVIIIe siècle
Modernisation par le duc de Béthune-Charost
19 décembre 2002
Protection au titre des Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures de la maison du maître des forges (cad. F 814, lieudit Les Forges) ; les murs de clôture de la cour et du jardin de la maison du maître de forges (cad. F 813, 814, 824, 825, lieudit Les Forges) ; les façades et les toitures du bâtiment d'habitation des ouvriers (cad. F 137, lieudit Les Forges) ; les façades et les toitures de l'écurie-grange (cad. F 137, lieudit Les Forges) ; les murs de clôture de la cour commune à l'écurie-grange et au bâtiment d'habitation des ouvriers (cad. F 137, lieudit Les Forges) ; les vestiges de la fenderie (cad. F 135, lieudit Le Grand Bief) ; le mur de retenue qui prolonge la fenderie à l'est (cad. F 135, lieudit Le Grand Bief) ; le pont du déversoir (cad. F 821, lieudit Les Forges) ; le sol des parcelles cadastrales correspondant à l'ancienne emprise du site de la forge, à savoir les parcelles F 135 (ancien étang de la forge, en grande partie) , lieudit Le Grand Bief, 136, 137, 813 à 819, 821 à 825, lieudit Les Forges : inscription par arrêté du 19 décembre 2002

Personnages clés

Duc de Béthune-Charost - Modernisateur et physiocrate Rénove le site au XVIIIe siècle.
Jean-Baptiste Déchanet - Capitaine d’industrie Afferme les forges en 1845.
Duc de Mortemart - Propriétaire et afférmiste Cède les forges à Déchanet.

Origine et histoire

La Grosse Forge de Charenton-du-Cher, située à 11 km à l’est de Saint-Amand-Montrond, faisait partie de l’établissement métallurgique de Meillant-Charenton, fondé vers 1590-1600. Ce complexe, l’un des plus grands du Berry après Clavières, comprenait cinq sites dont trois forges : La Grosse Forge (attestée dès 1635), la Petite Forge (anciennement forge de Renouard, 1657-1661) et la forge de Boutillon (1764-1774). Ces affineries transformaient la fonte produite par les haut-fourneaux de Meillant et Champange, modernisés au XVIIIe siècle sous l’impulsion du duc de Béthune-Charost, figure des Lumières et physiocrate.

Le site connut son apogée dans la première moitié du XIXe siècle, période durant laquelle il fut affermé à des industriels comme Jean-Baptiste Déchanet. Ce dernier intégra Meillant à la société de Châtillon-Commentry en 1845, marquant la fin de l’activité des forges de Charenton cette même année (celles de Meillant cessèrent en 1885). À son pic, la Grosse Forge abritait une affinerie, une fenderie, une écurie monumentale (la plus grande connue en Berry), une maison de maître construite en 1824, et une barre de logements ouvriers en U, exemplaires de l’habitat industriel précoce. Aujourd’hui, seuls subsistent des vestiges hydrauliques (coursiers maçonnés de la fenderie), des bâtiments ouvriers et la maison du maître de forges, protégés depuis 2002.

L’établissement de Meillant-Charenton illustre l’évolution technique de la métallurgie berrichonne, des fourneaux du XVIe siècle aux innovations du XIXe. Le haut-fourneau de Champange, bien conservé, témoigne des progrès architecturaux de la fin du XVIIIe siècle, tandis que la Grosse Forge offre un rare exemple d’infrastructure hydraulique industrielle (fenderie avec ses deux coursiers). La Petite Forge, quant à elle, fut convertie en moulin après l’arrêt des activités. Ces sites reflètent l’importance économique de la sidérurgie en Berry, liée aux ressources locales (bois, minerai) et aux réseaux de capitaux, comme ceux du duc de Mortemart ou des industriels de Châtillon-Commentry.

La protection au titre des Monuments Historiques (arrêté du 19 décembre 2002) couvre les façades et toitures des bâtiments emblématiques (maison du maître, écurie-grange, logements ouvriers), les murs de clôture, les vestiges de la fenderie, ainsi que le sol des parcelles de l’ancienne forge. Ce classement souligne la valeur patrimoniale d’un ensemble industriel quasi complet, rare en région Centre-Val de Loire, où la plupart des forges ont disparu ou été profondément transformées.

Liens externes