Frise chronologique
1783
Début de la construction
Début de la construction
1783 (≈ 1783)
Confié à Charles-Louis-Barthélémy Denis par les échevins.
4 décembre 1785
Inauguration
Inauguration
4 décembre 1785 (≈ 1785)
Première représentation du théâtre (ou février 1786).
1810
Rachat par la ville
Rachat par la ville
1810 (≈ 1810)
Décors refaits par Ciceri après acquisition.
1914-1918
Occupation allemande
Occupation allemande
1914-1918 (≈ 1916)
Utilisé pour manifestations, machinerie modernisée.
21 mai 2003
Classement monument historique
Classement monument historique
21 mai 2003 (≈ 2003)
Protection officielle du théâtre et annexes.
2007
Réouverture après restauration
Réouverture après restauration
2007 (≈ 2007)
Travaux sécurité incendie et normes modernes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le théâtre, y compris ses dispositifs techniques (cad. CD 547) , ainsi que le bâtiment du XVIIIe siècle, annexé au théâtre, situé 1, rue de la Comédie (cad. CD 546) : classement par arrêté du 21 mai 2003
Personnages clés
| Charles-Louis-Barthélémy Denis - Entrepreneur-architecte |
Constructeur du théâtre en 1783-1785. |
| Pierre-Luc-Charles Ciceri - Décorateur scénique |
Auteur des décors en 1810. |
| Marceline Desbordes-Valmore - Poétesse douaisienne |
Célébrée au plafond peint en 1922. |
| Maurice Rogerol - Peintre |
Auteur du plafond en 1922-1923. |
| Napoléon Bonaparte - Personnalité historique |
A fréquenté le théâtre comme lieutenant. |
Origine et histoire
Le théâtre à l'italienne de Douai, situé rue de la Comédie, fut édifié entre 1783 et 1785 sous la direction de l’entrepreneur Charles-Louis-Barthélémy Denis, sur commande des échevins de la ville. Inauguré le 4 décembre 1785 (ou février 1786 selon les sources), il remplace une salle de spectacles jugée vétuste. Sa structure typique « à l’italienne » comprend un parterre, des balcons en fer à cheval, des loges royales, et un paradis, reflétant la hiérarchie sociale de l’époque. Le bâtiment, devenu bien national pendant la Révolution, est racheté par la ville en 1810.
En 1810, la municipalité confie au décorateur Pierre-Luc-Charles Ciceri la réalisation de fonds de scène (palais, salon de Molière, chambre rustique, bois), complétés par des paysages variés. Le théâtre adopte rapidement les innovations techniques : éclairage au gaz, électricité, puis électronique. Pendant la Première Guerre mondiale, les occupants allemands l’utilisent pour leurs manifestations, modernisant partiellement sa machinerie. Endommagé lors des bombardements de 1940, il subit plusieurs restaurations, notamment en 1922-1923 (plafond peint par Maurice Rogerol) et en 2007 après deux ans de travaux pour la sécurité incendie.
Classé monument historique en mai 2003, le théâtre conserve des décors et une machinerie du XVIIIe siècle, rares en France. Son vestibule mène à une salle de 500 places, ornée d’un plafond célébrant la poétesse douaisienne Marceline Desbordes-Valmore. Les loges, réparties sur trois étages, accueillaient des artistes comme Paganini, Liszt ou Bonaparte. Aujourd’hui, il reste un lieu culturel majeur, accueillant des spectacles professionnels et des créations locales lors de l’événement annuel Théâtre en Fête.
La façade néo-classique, remaniée au XIXe siècle, présente cinq colonnes engagées et un attique décoré des armes de la ville. L’intérieur allie pierre calcaire et brique, avec un foyer à plafond à caissons et une fausse coupole en charpente. Les décors, restaurés à plusieurs reprises (notamment par Félix Robaut et Claude Boryczewski en 2009), témoignent de l’évolution des techniques scéniques. Le théâtre est toujours propriété de la commune de Douai, dans le département du Nord (Hauts-de-France).