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Tombeau de François II de Bretagne à Nantes en Loire-Atlantique

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Tombeau

Tombeau de François II de Bretagne à Nantes

    Place Saint-Pierre
    44000 Nantes

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1502-1507
Réalisation du tombeau
1507
Transfert de Marguerite de Foix
1514
Dépôt du cœur d’Anne de Bretagne
1791-1792
Déplacement pendant la Révolution
1817
Transfert dans la cathédrale
1862
Classement monument historique
2023
Restauration majeure
2025
Exposition des gisants à Tours
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

François II de Bretagne - Duc de Bretagne Défunt honoré par le tombeau.
Marguerite de Foix - Duchesse de Bretagne Épouse de François II, inhumée dans le tombeau.
Anne de Bretagne - Duchesse et reine de France Commanditaire du tombeau pour ses parents.
Michel Colombe - Sculpteur Auteur des gisants et de la décoration.
Jean Perréal - Architecte et peintre Concepteur des plans du monument.
Philippe de Montauban - Chancelier de Bretagne Déposa le cœur d’Anne en 1514.
Gérard Mellier - Maire de Nantes (1727) Fit exhumer l’écrin du cœur d’Anne.
Jean-Baptiste Ogée - Historien ou protecteur Aura sauvé le tombeau en 1792.
Mathurin Crucy - Architecte ou protecteur Proposa sa réutilisation en 1800.

Origine et histoire

Le tombeau de François II de Bretagne et de son épouse Marguerite de Foix, situé dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, fut réalisé entre 1502 et 1507 par Michel Colombe (sculpteur) et Jean Perréal (architecte). Commandé par Anne de Bretagne pour glorifier ses parents, ce monument en marbre de Carrare et serpentine mêle styles gothique tardif et Renaissance, avec des gisants traditionnels et des décors innovants comme les Douze Apôtres et les pleurants. Il incarne aussi un hommage à la dynastie des Montfort, perçu comme le « tombeau de la nationalité bretonne » lors de l’union du duché à la France.

À l’origine installé dans la chapelle des Carmes de Nantes, le tombeau abritait les dépouilles de François II, Marguerite de Foix (transférée en 1507) et le cœur d’Anne de Bretagne en 1514. Pendant la Révolution, les cercueils furent déplacés dans la crypte de la cathédrale, et le monument, caché pour éviter sa destruction, fut retrouvé en 1800. Transféré en 1817 dans un croisillon sud, il fut classé monument historique en 1862. En 2023, une restauration majeure révéla une boîte contenant des ossements de trois individus, tandis que les gisants seront exposés à Tours en 2025.

Le mausolée allie symbolisme religieux et politique : les gisants, en costume d’apparat et couronne fleurdelisée, reposent sur des coussins tenus par des anges, entourés d’un lion (symbole de la Bretagne) et d’un lévrier (fidélité). Les quatre vertus cardinales aux angles — Force, Tempérance, Justice, Prudence — illustrent les idéaux princiers. Le registre supérieur présente saints patrons et Apôtres en marbre rouge, tandis que le registre inférieur montre des pleurants en albâtre, drapés de serpentine. Cette combinaison de matériaux nobles et d’iconographie reflète le prestige recherché pour ce monument funéraire.

Les vicissitudes historiques du tombeau reflètent les bouleversements politiques : de sa création sous Anne de Bretagne à sa protection pendant la Révolution, en passant par les transferts de reliques. Le cœur d’Anne, placé en 1514 puis exhumé en 1727 par crainte du vol de son écrin en or, souligne son attachement à la Bretagne. Aujourd’hui, le tombeau reste un témoignage artistique et mémoriel majeur, liant Renaissance française, héritage breton et histoire nationale.

La restauration de 2023 a permis de découvrir des détails inédits, comme la boîte ossuaire, et de traiter les dégradations dues au sel sur les soubassements de serpentine et le marbre. Prévue pour 2025, l’exposition des gisants à Tours rendra hommage à Michel Colombe, qui travailla dans cette ville. Ce monument, à la fois sépulture et symbole, continue de fasciner par son mélange d’art funéraire médiéval et d’innovations renaissantes.

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