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Château de Vayres en Gironde

Gironde

Château de Vayres

    63 Avenue de Libourne
    33870 Vayres

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Premier château en pierre
1326
Alliance avec l’Angleterre
XIIIe siècle
Passage aux Albret
1583
Vente à Ogier de Gourgue
vers 1700
Restauration par Jacques-Joseph de Gourgue
1996
Acquisition par Gilles Etrillard
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Amanieu VII d’Albret - Seigneur de Vayres Fortifie le château au XIIIe siècle.
Bérard Ier de Vayres - Seigneur allié à l’Angleterre Développe la forteresse en 1326.
Henri IV - Roi de France Héritier du château via Jeanne d’Albret.
Ogier de Gourgue - Président des finances de Guyenne Transforme le château à la Renaissance.
Louis de Foix - Architecte (hypothèse) Auteur possible de la façade maniériste.
Jacques-Joseph de Gourgue - Évêque de Bazas Restaure le château vers 1700.

Origine et histoire

Le château de Vayres, situé dans la commune éponyme en Gironde, est une forteresse médiévale remaniée aux XVIe et XVIIIe siècles. Dominant la Dordogne sur un axe stratégique vers le centre de la France, il a joué un rôle clé dans la défense de Bordeaux. Des fouilles ont révélé des traces d’occupation gallo-romaine, dont des fours de poterie, attestant d’une présence humaine ancienne. Un premier château en bois, remplacé par une structure en pierre dès le XIe siècle, marque le début de son histoire militaire.

À partir du XIIIe siècle, le château appartient à la famille d’Albret pendant près de 300 ans, après qu’Amanieu VII d’Albret l’ait fortifié avec la Tour du moulin. Pendant la Guerre de Cent Ans, il change plusieurs fois de mains entre partisans français et anglais, subissant d’importants dommages. Bérard Ier de Vayres, allié à l’Angleterre, y construit une vaste forteresse au XIVe siècle, dont subsistent aujourd’hui le donjon, le châtelet d’entrée et les douves sèches. Le château passe même brièvement à César Borgia en 1499, avant d’être restitué à Henri d’Albret, grand-père d’Henri IV.

Au XVIe siècle, Henri de Navarre (futur Henri IV), ruiné, vend le château en 1583 à Ogier de Gourgue, un riche magistrat bordelais. Ce dernier entreprend une transformation majeure en château d’agrément, confiant peut-être les plans à l’architecte Louis de Foix, connu pour son style maniériste. La façade sur cour d’honneur, d’un raffinement exceptionnel, date de cette époque. Le fils d’Ogier, Marc-Antoine de Gourgue, premier président du parlement de Bordeaux, perpétue l’influence de la famille sur le domaine.

Le XVIIe siècle est marqué par des combats liés à la Fronde parlementaire, endommageant gravement le château. Vers 1700, Jacques-Joseph de Gourgue, évêque de Bazas, le restaure en harmonisant les corps de bâtiments, ajoutant un escalier monumental et un toit à l’impériale. Le pont-levis médiéval est remplacé par un pont dormant et un portique inspiré de Vauban. Aucune modification majeure n’a eu lieu depuis cette période.

Au XXe siècle, le château change plusieurs fois de propriétaires, passant des Gourgue à des familles bourgeoises (Pavillon, Dubos, Barde), avant d’être acquis en 1996 par Gilles Etrillard, banquier et président du groupe LFPI. Classé monument historique en 2001 pour ses façades et toitures, et en 2002 pour ses jardins, il reste une propriété privée habitée. Les travaux récents incluent la restauration des salons d’apparat et la création d’une bibliothèque.

Les jardins, initialement vastes et parallèles à la Dordogne, ont été recréés en 1938 par l’architecte-paysagiste Louis-Ferdinand Duprat dans un style régulier à la française. Labellisés Jardin remarquable, ils complètent les visites guidées proposées toute l’année, accompagnées d’animations pédagogiques et d’événements costumés. Le domaine allie ainsi patrimoine architectural et cadre naturel préservé.

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