Origines du site Ier siècle (≈ 150)
Modeste local initial sur le plateau.
IIe siècle
Construction de la villa
Construction de la villa IIe siècle (≈ 250)
Agrandie progressivement jusqu’au IVe siècle.
420-440
Mosaïque aux arbres
Mosaïque aux arbres 420-440 (≈ 430)
Réalisée dans la salle de réception est.
Fin IVe siècle
Restructuration majeure
Restructuration majeure Fin IVe siècle (≈ 495)
Création d’une cour-jardin et galeries.
Début VIe siècle
Construction du baptistère
Construction du baptistère Début VIe siècle (≈ 604)
Témoignage de la christianisation du site.
1868
Première fouille par l’abbé Monnier
Première fouille par l’abbé Monnier 1868 (≈ 1868)
Découverte d’une mosaïque signalée au ministre.
1959-1997
Fouilles de Paulette Aragon-Launet
Fouilles de Paulette Aragon-Launet 1959-1997 (≈ 1978)
Campagnes annuelles sous l’égide de l’Association.
1978
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1978 (≈ 1978)
Protection étendue en 2012 et 2014.
2016-2018
Restauration des mosaïques
Restauration des mosaïques 2016-2018 (≈ 2017)
625 m² restaurés par la SOCRA.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La villa gallo-romaine (cad. AN 25, 26, 161, 162, 167, 168, 159) : classement par arrêté du 28 mars 1978 - La partie nord de la villa gallo-romaine, avec les vestiges archéologiques qu'elle contient (cad. AN 23, 24, 160), telle qu'elle est délimitée sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 3 février 2014
Personnages clés
Abbé Monnier - Curé et archéologue amateur
Découvreur de la première mosaïque en 1868.
Odilon Lannelongue - Médecin et archéologue
Dirigea des fouilles vers 1911.
Paulette Aragon-Launet - Archéologue autodidacte
Relança les fouilles en 1959, fonda l’Association.
Origine et histoire
La villa gallo-romaine de Séviac, située à Montréal-du-Gers dans le Gers, est un site archéologique majeur du Sud-Ouest de la France. Occupé pendant près d’un millénaire, ce lieu fut d’abord une modeste habitation au Ier siècle, avant de devenir une somptueuse villa aristocratique au IIe siècle, restructurée à la fin du IVe siècle. Le site se distingue par son ensemble de mosaïques polychromes, réalisées entre le dernier tiers du IVe et la première moitié du Ve siècle, couvrant près de 625 m2. Ces œuvres, attribuées à l’École d’Aquitaine, ornaient les espaces de réception et de circulation, et ont été restaurées entre 2016 et 2018 sous une structure protectrice translucide.
La découverte du site remonte peut-être à 1864, lors de la construction d’une ferme, mais les premières fouilles sérieuses furent menées en 1868 par l’abbé Monnier, qui y découvrit une mosaïque. Les recherches s’intensifièrent avant la Première Guerre mondiale, puis reprirent dans les années 1950 grâce à Paulette Aragon-Launet, membre de la Société archéologique du Gers. Celle-ci, inspirée par les récits de son père sur les fouilles du docteur Odilon Lannelongue (1911), redécouvrit le site en 1959 et dirigea des campagnes annuelles de 1967 à 1997. En 2003, la propriété du site fut transférée à la commune de Montréal-du-Gers, après avoir été gérée par l’Association pour la sauvegarde des monuments et sites de l’Armagnac.
La villa, organisée autour d’une cour-jardin de 30 mètres de côté, comprenait des espaces domestiques, des thermes, et des salles de réception ornées de mosaïques remarquables, comme la mosaïque aux arbres (420-440). Au nord, la pars rustica (partie agricole) reste peu explorée, tandis qu’à l’est, un vestibule et une salle chauffée à abside, agrandis au Ve siècle, témoignent du faste du lieu. L’aile sud abritait des thermes privés (tepidarium, caldarium) et des latrines. Au VIe siècle, un baptistère chrétien y fut ajouté, et les ruines devinrent une nécropole entre les VIIIe et XIe siècles. Classée monument historique en 1978 (étendue en 2012 et 2014), la villa fait partie depuis 2008 du pôle archéologique Elusa Capitale Antique.
Parmi les objets découverts figurent un orteil en bronze (390 g, disparu depuis 1910), des chapiteaux en marbre pyrénéen (420-440), et des artefacts du quotidien (lampes à huile, fibules, outils). Une tête en marbre (~400) et des fragments de statuettes (Vénus anadyomène, putto) sont aujourd’hui exposés. Les mosaïques, restaurées par la SOCRA (Périgueux), sont protégées par une toiture translucide de 2 070 m2. Le site illustre l’évolution d’une demeure aristocratique tardive, du paganisme au christianisme, dans un contexte régional marqué par la romanisation et les transformations du Haut Moyen Âge.
Les fouilles ont révélé une occupation continue, des thermes privés aux inhumations médiévales, reflétant les mutations sociales et religieuses. La villa de Séviac, par son état de conservation et la qualité de ses décors, offre un témoignage exceptionnel de la vie des élites gallo-romaines en Aquitaine, entre tradition romaine et émergence du monde médiéval.
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